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Alerte par smartphone pour les aides à domicile

Publié le par Bernard Pradines

Alerte par smartphone pour les aides à domicile

 Les technologies de l'information et de la communication (TIC) offrent de nouvelles possibilités pour les services d’accompagnement des personnes âgées. Une étude pilote d'observation longitudinale a été menée dans les services à domicile du département du Gard en France. Les employés des services à domicile de l'ADMR (Aide à Domicile en Milieu Rural) ont suivi 130 personnes âgées vivant à domicile et ne souffrant que de déficiences modérées. Une échelle visuelle analogique (EVA) a été utilisée sur un smartphone pour évaluer la santé globale chaque fois que les personnes âgées étaient visitées. Un système d'alerte a été conçu pour informer la personne âgée et / ou une personne responsable de toute détérioration de l'état de santé. Tous les événements médicaux et sociaux ont été enregistrés tout au long de l'étude ayant duré neuf mois.

Résultats: 138 personnes ont été incluses et 106 ont été évaluées. 37 alertes ont été effectuées, 21 ont été confirmées et 16 ont été considérées comme des faux positifs. Seuls les employés sans formation spécifique ont signalé les fausses alertes positives. Six alertes médicales graves ont été communiquées dont un cancer encore non diagnostiqué, une hospitalisation pour diabète décompensé, une hospitalisation suivie du décès six mois plus tard et une hospitalisation dans un cadre de soins de suivi.

Ainsi, celles et ceux qui sont quotidiennement au contact des personnes âgées vulnérables peuvent participer à l’amélioration du soutien à domicile en détectant et signalant facilement les situations suspectes. 

Cette étude pilote devrait être prochainement étendue à quatre autres départements français.

Source : Bousquet J, Meissonnier M, Michalet V, et al. A novel approach to integrated care using mobile technology within home services. The ADMR pilot study. Maturitas. 2019;129:1-5. doi:10.1016/j.maturitas.2019.07.023

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Je prends de l’âge, ça se soigne docteur ?

Publié le par Louis Lacaze

Je prends de l’âge, ça se soigne docteur ?

Une enquête a révélé qu’aux Etats-Unis les ventes de médicaments  visant à combattre les effets de la vieillesse avaient augmenté de 32% entre 2007 et 2011. Ils occupent la troisième place après les médicaments traitant le diabète et le cholestérol. Ils font l’objet d’un gigantesque effort publicitaire au nom du «vieillissement réussi » et de la longévité, comme s’il s’agissait là de marchandises banales.

L’augmentation la plus importante se rencontre chez les personnes âgées de 45 à 64 ans qui veulent lutter contre la calvitie, les rides, l’insomnie, la ménopause, les dysfonctions sexuelles, la baisse des  facultés intellectuelles, le besoin d’aller fréquemment aux toilettes, les fuites urinaires. Les médicaments concernant la maladie d’Alzheimer, les démences, les maladies aigues ou chroniques n’ont pas été pris en compte.

A partir de 65 ans la demande est identique avec une augmentation des médicaments censés corriger les dysfonctions sexuelles et une diminution des médicaments visant à améliorer les performances intellectuelles.

On doit noter que les dépenses entraînées sont élevées. Que tous les médicaments peuvent avoir des effets secondaires et qu’il est important de prendre en considération leurs avantages et leurs inconvénients.

Le Dr Hadler, professeur de médicine à l’université de Caroline du Sud pense qu’une personne âgée doit considérer que les changements qui accompagnent la vieillesse sont normaux, non pathologiques, qu’il faut apprendre à les accepter plutôt que livrer une bataille perdue d’avance. Pour lui les défis que suscitent le vieillissement et la fin de la vie peuvent être relevés avec sagesse, dignité et confiance.

Commentaires de Bernard Pradines 

Comme toujours, les arguments opposés exposés ci-dessus doivent être nuancés. C’est bien  aux médecins, en particulier aux gériatres, de distinguer ce qui relève de la vieillesse et des changements « normaux » d’une part et des maladies accessibles aux traitements d’autre part. Une immense et complexe tâche. Une discussion éternelle que nous avons maintes fois développée ici. La vieillesse serait tout ce qui ne peut pas être médicalement traité, la maladie et les traumatismes occupant le champ restant. Nous avons déjà proposé que cette frontière est mouvante, la vieillesse d’autrefois relevant souvent de la pathologie d’aujourd’hui à mesure que la médecine  progresse, identifie les pathologies et propose des thérapeutiques.  Que certains entretiennent encore plus de confusion pour vendre des médicaments à des vieux qui souffrent de vieillesse ne nous étonne pas : il n’y a pas de petit profit.

Sources : Judy Graham, The New York Times,  http://newoldage.blogs.nytimes.com/2012/11/14/fighting-off-age-at-the-pharmacy-counter/  Novembre 2012.

J. Graham s’est inspirée du livre du Dr Hadler “ Rethinking Aging: Growing Old and Living Well in an Overtreated Society(University of North Carolina Press, 2011).

On trouve un bref résumé (en français)  du livre sur  http://www.amazon.ca/Repenser-vieillissement-Nortin-M-Hadler/dp/2763798276 .

 

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