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Je veux avoir la conscience tranquille et dire que j’ai tout essayé

Publié le par Louis Lacaze

Je veux avoir la conscience tranquille et dire que j’ai tout essayé

Un pronostic vital des médecins diffèrent de celui des membres de la famille du patient conduit à des situations délicates. Le cas est loin d’être exceptionnel : une étude récente1 portant sur 229 cas a révélé qu’il s’était produit 122 fois, soit dans 53% des cas.

 L’avis des familles s’est montré exact plus souvent que les lois du hasard ne pouvaient le laisser penser. Toutefois, le pronostic des soignants était, statistiquement parlant, plus fréquemment correct.

Les causes des divergences d’opinion relevées2 s’expliquent soit par une incompréhension réciproque des deux parties, soit par l’incompréhension des familles, soit par des convictions arrêtées des familles, convaincues que le patient possède une résistance inconnue des médecins, éventuellement par des convictions d’ordre religieux. Exemple : un patient inconscient en insuffisance rénale incurable, pour qui une hémodialyse n’aurait abouti qu’à prolonger ses souffrances est évoqué3. Les médecins recommandent l’arrêt des soins, son épouse comprend parfaitement la situation mais pense qu’un miracle est toujours possible et exige leur poursuite pour avoir la conscience tranquille et être sûre que tout a été essayé.

Les médecins peuvent suggérer que la poursuite d’un traitement ne peut qu’augmenter les souffrances du patient, que s’il ne décède pas il restera lourdement handicapé. Ils peuvent demander ce que le patient souhaiterait s’il pouvait s’exprimer. Ils peuvent aussi négocier la prolongation des soins pendant une durée définie4,5, de 24 à 48 heures pour passer ensuite à des soins palliatifs exclusifs. 96% des familles qui ont opté pour un délai ont, après concertation, décidé que le malade aurait préféré ne plus être branché à des appareils et accepté que les traitements lourds soient interrompus.

Pareil cheminement implique chez un médecin la nécessité de faire reconnaitre à la fois sa compétence et sa vulnérabilité en tant qu’être humain. S’il veut inspirer confiance à ses interlocuteurs il devra en payer le prix en manifestant humilité et empathie5.

Commentaires de Bernard Pradines.

Intenses débats actuels autour de la fin de la vie. C’est une bonne chose car indispensable. A noter que cet article est évocateur de la situation aux USA, le dialogue entre médecins et famille du patient étant privilégié. En France, un effort notable est effectué pour que le patient se détermine lui-même, explicitement quand il est conscient et lucide, par des directives anticipées et par la désignation d’une personne de confiance pour le cas où il ne serait plus en capacité de s’exprimer.

1 Douglas B. White, MD, MAS; Natalie Ernecoff, MPH ; et al Prevalence of and Factors Related to Discordance About Prognosis Between Physicians and Surrogate Decision Makers of Critically Ill Patients

  1. David Wendler, PhD, Annette Rid, MD Systematic Review: The Effect on Surrogates of Making Treatment Decisions for Others

3  Terri Traudt, MA, MBC and Joan Liaschenko, PhD, RN  What Should Physicians Do When They Disagree, Clinically and Ethically, with a Surrogate’s Wishes?

4 Dong W. Chang, MD, MS1,2; Thanh H. Neville, MD, MSHS3; Jennifer Parrish, DO1; et al  Evaluation of Time-Limited Trials Among Critically Ill Patients With Advanced Medical Illnesses and Reduction of Nonbeneficial ICU Treatments

  1.   Yael Schenker, MD, MAS, Greer A Tiver, MPH, Seo Yeon Hong, and Douglas B White, MD, MAS  Discussion of Treatment Trials in Intensive Care

6 . Une dernière publication tout juste diffusée qui est loin d’être la moins importante :

Chang and Richard Leiter Geripal animé par Alex Smith et Eric Widera Time Limited Trials in the ICU: A Podcast with Dong Chang and Richard Leiter Time-limited trials. We’ve all probably used them before. We meet with patients and families.  We agree to either start or continue a particular treatment to see if it helps in some specific way over some defined period of time. If it works as hoped, great, we continue the treatments.  If not, we stop them.  At least that is how it’s supposed to go.

Et pourtant, de temps à autre...

Daniela J. Lamas MD The New-York Times What Should Doctors Do When We Experience a Miracle?

It was just before dawn in the intensive care unit when something unexpected happened. My Covid-19 patient’s condition had been worsening for weeks, and we had finally recommended to his family that we stop all aggressive interventions. It was clear he was dying. But that night, my team watched in amazement as his oxygen levels started to rise, slowly at first and then steadily. Standing outside his room, I found myself, somewhat uncomfortably, thinking of miracles.

     

 

 

 

 

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Rappel et lien vers la visioconférence : cinquième risque, définition et intérêt

Publié le par Bernard Pradines

Rappel et lien vers la visioconférence : cinquième risque, définition et intérêt

Visioconférence ouverte à tous publics sous l’égide de l’Association Tarnaise de Gérontologie le vendredi 22 octobre 2021 de 18 heures à 20 heures.

Cette réunion-débat sera animée par Madame Joëlle le Gall[1].

Nous proposons que cette conférence soit publique en direct et en replay. Aussi, vous voudrez bien couper votre caméra si vous ne voulez pas figurer en image sur la diffusion.

Lien vers le Zoom du vendredi 22 octobre 2021 à 18 heures : 

 https://us02web.zoom.us/j/86897409994?pwd=cVByRlk5eEtsdXZGT3JWSDlPbStEdz09

 Lien vers le questionnaire facultatif d’évaluation des connaissances : https://forms.gle/cM93JX8YvKaWqWVQ7

 Inscription facultative souhaitable à bpradines@aol.com


[1] Présidente de BVE 35 (Bien Vieillir Ensemble Ille-et-Vilaine)

Présidente de BVE.BZH (Fédération bretonne regroupant le 29, le 35 et le 56)

Présidente fondatrice de la FNAPAEF (2004 à 2014) (Fédération Nationale des Associations de Personnes Âgées Et leurs Familles et Amis)

Chevalier de l’ordre du Mérite et membre du comité Directeur de l’ONM 35 (Association Nationale des Membres de l’Ordre du Mérite - section d’Ille-et-Vilaine)

Cinquième risque – suppression de la barrière de l’âge

L’horizon d’une révolution sociale dont les français doivent s’emparer

A l’heure où de nombreuses questions se posent pour une meilleure qualité de vie des seniors, il est urgent d’apporter un éclairage sur la création d’un cinquième risque (ou une cinquième branche de sécurité sociale) permettant de répondre au financement de l’accompagnement d’un citoyen, victime d’une incapacité, d’un handicap, quel que soit son âge.

A situation équivalente, les aides humaines et financières proposées sont très différentes, que l’on réside en établissement ou à domicile, selon que l’on se trouve d’un côté ou de l’autre de la barrière de l’âge fixée à 60 ans. Est-il normal qu’un citoyen soit enfermé dans un registre inégalitaire à cause de son âge ? Est-il acceptable que les aides qui lui sont apportées ne soient pas à la hauteur de ses réels besoins pour protéger son maintien en santé et pour répondre à la compensation de son handicap et de sa perte d’autonomie ? Et ceci quelle qu’en soit l’origine : une maladie invalidante, un déficit d’ordre physique, psychique, cognitive, accidentelle…

Ce cinquième risque, réclamé de longue date par de nombreuses organisations associatives et professionnelles, n’a pas été retenu par les précédents gouvernements qui ont préféré enfermer les plus de 60 ans dans un registre différent : d’un côté les personnes âgées dépendantes, de l’autre les personnes handicapées.

Il faut aujourd’hui reconnaître cette volonté du Président Emmanuel Macron de poser les premières pierres de cette révolution sociale, actée depuis juin 2020, et intégrée dans la loi sur le vieillissement reportée en fin d’année 2021, et maintenant à la fin du quinquennat.

Mais ce cinquième risque ne se construira pas en un jour s’il demeure un « effet d’annonce », d’autant plus qu’il concerne l’ensemble des français. Il est impératif d’expliquer aux citoyens les enjeux que cela représente et de leur donner la parole afin qu’ils puissent se prononcer sur leurs attentes en participant à un débat démocratique.

Aujourd’hui quelles sont les conséquences financières, humaines et sociales de la barrière de l’âge actuellement fixée à 60 ans ? D’un côté le handicap, de l’autre la dépendance.

Demain, à quelles avancées pourrons-nous prétendre avec la création de ce cinquième risque ? Quelles peuvent être les retombées économiques et sociales liées à la suppression de la barrière de l’âge ?

C’est le sujet que je vous propose d’aborder, en ouvrant le débat sur cette nécessaire révolution sociale.

Joëlle LE GALL

Présidente de BVE 35 (Bien Vieillir Ensemble Ille-et-Vilaine)

Présidente de BVE.BZH (Fédération bretonne regroupant le 29, le 35 et le 56)

Présidente fondatrice de la FNAPAEF (2004 à 2014) (Fédération Nationale des Associations de Personnes Âgées Et leurs Familles et Amis)

Chevalier de l’ordre du Mérite et membre du comité Directeur de l’ONM 35 (Association Nationale des Membres de l’Ordre du Mérite - section d’Ille-et-Vilaine)

Rennes le 29 septembre 2021. Communiqué de la Fédération bretonne BVE/BZ :

Publié dans législation, politique

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