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Docteur, je vous entends mal !

Publié le par Louis Lacaze

Docteur, je vous entends mal !

Une étude récente dirigée par le Dr Smith, enseignant à l’école de médecine de  University College de Cork Irlande révèle que sur un corpus de 100 seniors de plus de 60 ans, 57 présentaient un problème d’audition, 26 utilisaient une aide auditive, 43 avaient mal compris les informations de leur médecin. Des travaux antérieurs avaient déjà révélé que 36% des erreurs médicales auraient pu être évitées si les patients avaient pu communiquer convenablement avec les médecins, les infirmières, leurs familles.

Une grande vigilance s’impose. Les tests  ne mesurent qu’imparfaitement les difficultés d’audition, l’efficacité des aides auditives n’est jamais absolue. Par ailleurs une consultation qui a lieu dans un local avec un bruit de fond, dans un cadre nouveau parfois stressant, va aggraver les difficultés d’audition.

Le Dr Maria Torroella  Carney, gériatre, déclare rencontrer ce problème tous les jours. Si, pendant une consultation, elle soupçonne un problème auditif chez un patient, elle le fait équiper immédiatement d’une aide auditive. Elle a pu noter que lorsque le patient  comprenait les questions, il décrivait avec plus de précision ses problèmes et n’hésitait pas à poser des questions.

On peut noter que beaucoup de personnes n’envisagent de s’équiper d’un appareil auditif que lorsque la perte d’audition est très avancée. Par ailleurs, le prix de ces appareils peut en décourager certains.

Les auteurs de l’étude n’ont pas hésité à ajouter une touche d’humour irlandais : si le praticien est lui-même dur d’oreille, la situation sera nettement plus compliquée à gérer…

 

Sources :

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Un senior hospitalisé repart trop souvent handicapé

Publié le par Louis Lacaze

Un senior hospitalisé repart trop souvent handicapé

Ce texte résume une situation déplorée dans des hôpitaux américains. Il peut nous servir de mise en garde au cas où en France des risques comparables pourraient se manifester.

 

Les seniors représentent une part importante des patients hospitalisés, part qui ira croissant. Ils séjournent plus longtemps à l’hôpital que les générations plus jeunes. Environ 1/3 des patients de plus de 70 ans et les 2/3 des patients de plus de 85 ans repartent de l’hôpital plus mal en point qu’à leur arrivée, avec un déficit cognitif marqué, devenus incapables de faire leur toilette, de s’habiller, de marcher.

 

Quelles en seraient les causes ?

 

  • Les patients ne sont pas correctement alimentés, la nourriture n’est pas appétissante.
  • Ils restent trop longtemps couchés, ce qui déclenche une chaîne d’effets nuisibles à leur santé alors que des patients plus jeunes ne sont pas affectés.
  • Ils ne peuvent pratiquement pas se déplacer, encombrés par leur appareil à oxygène ou la potence de la perfusion.
  • Leur douleur n’est pas correctement prise en considération.
  • Les médecins prescrivent des séries d’examen et des médicaments totalement inutiles.
  • La qualité du sommeil souffre du bruit ambiant dans certains services, des visites du personnel et des contrôles effectués pendant la nuit.
  • Les médecins soignent la maladie qui a justifié l’hospitalisation mais peuvent ne pas prêter attention à l’état général du patient.

En réaction, certains hôpitaux ont créé une section spéciale destinée aux seniors où les praticiens cherchent avant tout à permettre au patient de rentrer chez lui en possession de tous ses moyens. Les performances des seniors sont mesurées et entretenues par des exercices. Les thérapeutiques invasives sont supprimées dans la mesure du possible. Les repas sont pris dans une salle commune.

 

L’administration américaine peut avoir une part de responsabilité devant cet état de fait : les hôpitaux sont sanctionnés si le patient se retrouve avec une infection nosocomiale, s’il revient à l’hôpital dans les trente jours qui suivent sa sortie. Toutefois, il peut repartir en étant incapable de marcher ou avec un déficit cognitif marqué ; rien ne sera enregistré. Un médecin a résumé la situation en quelques mots : «si vous ne notez rien, vous ne guérirez rien ».

 

Commentaire de Bernard Pradines :

Ce texte reflète une réalité qui existe de part et d’autre de l’océan atlantique. Toutefois, il ne tient pas compte d’un facteur essentiel : on ne vient pas à l’hôpital par hasard. C'est une maladie ou un accident qui nous amènent à l'hôpital. Avec des conséquences qui sont parfois difficiles à distinguer des effets délétères de l’hôpital, ce que l'on nomme péjorativement l'hospitalisme. Quant aux sanctions relatives au résultat de l'hospitalisation, elles me semblent totalement irréalistes dans ce contexte. 

 

Source

Anna Gorman Elderly
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