Un senior hospitalisé repart trop souvent handicapé
Ce texte résume une situation déplorée dans des hôpitaux américains. Il peut nous servir de mise en garde au cas où en France des risques comparables pourraient se manifester.
Les seniors représentent une part importante des patients hospitalisés, part qui ira croissant. Ils séjournent plus longtemps à l’hôpital que les générations plus jeunes. Environ 1/3 des patients de plus de 70 ans et les 2/3 des patients de plus de 85 ans repartent de l’hôpital plus mal en point qu’à leur arrivée, avec un déficit cognitif marqué, devenus incapables de faire leur toilette, de s’habiller, de marcher.
Quelles en seraient les causes ?
- Les patients ne sont pas correctement alimentés, la nourriture n’est pas appétissante.
- Ils restent trop longtemps couchés, ce qui déclenche une chaîne d’effets nuisibles à leur santé alors que des patients plus jeunes ne sont pas affectés.
- Ils ne peuvent pratiquement pas se déplacer, encombrés par leur appareil à oxygène ou la potence de la perfusion.
- Leur douleur n’est pas correctement prise en considération.
- Les médecins prescrivent des séries d’examen et des médicaments totalement inutiles.
- La qualité du sommeil souffre du bruit ambiant dans certains services, des visites du personnel et des contrôles effectués pendant la nuit.
- Les médecins soignent la maladie qui a justifié l’hospitalisation mais peuvent ne pas prêter attention à l’état général du patient.
En réaction, certains hôpitaux ont créé une section spéciale destinée aux seniors où les praticiens cherchent avant tout à permettre au patient de rentrer chez lui en possession de tous ses moyens. Les performances des seniors sont mesurées et entretenues par des exercices. Les thérapeutiques invasives sont supprimées dans la mesure du possible. Les repas sont pris dans une salle commune.
L’administration américaine peut avoir une part de responsabilité devant cet état de fait : les hôpitaux sont sanctionnés si le patient se retrouve avec une infection nosocomiale, s’il revient à l’hôpital dans les trente jours qui suivent sa sortie. Toutefois, il peut repartir en étant incapable de marcher ou avec un déficit cognitif marqué ; rien ne sera enregistré. Un médecin a résumé la situation en quelques mots : «si vous ne notez rien, vous ne guérirez rien ».
Commentaire de Bernard Pradines :
Ce texte reflète une réalité qui existe de part et d’autre de l’océan atlantique. Toutefois, il ne tient pas compte d’un facteur essentiel : on ne vient pas à l’hôpital par hasard. C'est une maladie ou un accident qui nous amènent à l'hôpital. Avec des conséquences qui sont parfois difficiles à distinguer des effets délétères de l’hôpital, ce que l'on nomme péjorativement l'hospitalisme. Quant aux sanctions relatives au résultat de l'hospitalisation, elles me semblent totalement irréalistes dans ce contexte.
Source
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Elderly Hospital Patients Arrive Sick, Often Leave Disabled
SAN FRANCISCO -- Janet Prochazka was active and outspoken, living by herself and working as a special education tutor. Then, in March, a bad fall landed her in the hospital. Doctors cared for her ...
https://www.medpagetoday.com/Geriatrics/GeneralGeriatrics/59594

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