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soins de longue duree

Réalité et signalement

Publié le par Bernard Pradines

Réalité et signalement

Le manque cruel de personnel soignant dans nos établissements a des conséquences parfois insoupçonnées. C’est pourquoi j’ai répertorié quelques situations anormales chez les résidents qui m’étaient rapportées de manière variable -comme médecin- par des personnels en difficulté face à des pathologies ou à des modifications de comportement. A la charge du lecteur d’en produire d’autres.

Une attitude rééducative ou stimulante, un « laisser faire la personne » au lieu de « faire à sa place» sont bien plus consommateurs de temps. Pire, la cotation tarifaire de la dépendance est en faveur du patient âgé grabataire, non de celui que l’on veut et peut dynamiser. Le risque est donc grand de « rater » une aggravation de la dépendance.

Une agitation sera plus aisément rapportée qu’un comportement trop calme. Comment ne pas comprendre que des cris nocturnes soient à la fois plus faciles à repérer et plus perturbants pour l’entourage qu’une altération anormale de la conscience ? Diminuer un traitement sédatif est toujours plus mal accepté que l’instituer.

Un poids excessif ou une prise de poids poseront davantage de problèmes de manutention que la fréquente perte de poids qui, elle, est perçue confusément comme un allègement de la charge quotidienne, surtout devant une personne obèse. Un appétit augmenté de manière pathologique sera donc potentiellement plus remarqué qu’une discrète anorexie.

Une diarrhée pourra être plus facilement signalée qu’une constipation. En effet, la première donnera davantage de travail que la seconde en termes de maintien de la propreté de la personne : changements du linge de corps et toilettes cutanées.

En conclusion, je ne prétends pas que les tendances décrites ci-dessus sont forcément conscientes et volontaires, ou même systématiques, ce qui serait une grave et injuste accusation.

Non, aussi longtemps que nous souffrirons d’une pénurie de personnels, il faudra simplement en tenir compte.

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Soins de Longue Durée. Quelques réflexions de Barbara, infirmière (2/2)

Publié le par Barbara Acello, Louis lacaze et Bernard Pradines

Soins de Longue  Durée. Quelques réflexions de Barbara, infirmière (2/2)

Une initiative inédite : nous donnons directement la parole pour deux articles à une infirmière américaine passionnée par la gériatrie : suite.

« Un jour j’ai croisé un homme qui portait un tee-shirt avec l’inscription “je ne suis pas vieux, je suis un ado recyclé”. Il faudra que je m’en procure un. Je me sens l’âme d’une révoltée des années 60. Je me suis seulement calmée et j’ai gagné en maturité. Nous avons été étiquetés radicaux et libéraux (1). Les deux qualificatifs sont considérés comme négatifs. Nous sommes les deux.  Mais le monde n’est plus du tout ce qu’il était il y a 60 ans. Aujourd’hui, quatre générations travaillent dans le domaine de la santé. Les résidents de nos institutions couvrent trois générations.

Une génération se définit par les dates de naissance des individus et leur place dans l’histoire. Leur savoir, leurs valeurs, leurs opinions ont été façonnées par les mêmes évènements. Bien que je vive aux Etat-Unis, les caractéristiques d’une génération sont grandement comparables dans le monde entier. Si vous voulez comprendre les résidents de nos établissements et les personnes avec qui vous travaillez, vous devez vous intéresser aux quinze à vingt premières années de leur vie pour combler le fossé entre les générations.

J’ai été hospitalisée pendant 90 jours après un grave accident. J’étais la plus jeune patiente dans l’établissement. Les soins étaient de qualité, je m’entendais bien avec les résidents et pourtant je n’étais pas totalement satisfaite. Identifier le problème m’a pris un certain temps. Puis j’ai compris que le fossé des générations était bien là. J’étais la seule de ma génération des baby-boomers. Les activités proposées ne m’intéressaient pas, ne demandaient aucun effort cérébral. La nourriture était une catastrophe, j’aurais voulu manger des tacos mexicains et des spécialités régionales. Raté.

La plupart des résidents sont de la génération de Vétérans (1923-1945). Peu font partie de celle des GI (1901-1922). Les établissements s’occupent bien de ces deux générations. Arrive la génération du baby-boom (1946-1964). Un terme que je n’apprécie pas.  La durée de vie s’allonge. De nouvelles générations arrivent. Nous devrons nous adapter pour être en mesure de répondre aux besoins des nouveaux arrivants. Commencer par les activités et les repas mais aller plus loin. Organiser un travail par groupes pour définir les besoins. Et amorcer le virage tout de suite ! »

  1. Noter que ces termes n’ont pas la même signification aux USA et en France.

Source :

Traduction libre par Papi du texte ci-dessous envoyé à Bernard Pradines par Barbara, infirmière américaine travaillant aux Etats-Unis.

Long-Term Care, Part 2

I once saw a man wearing a t-shirt that said, “I’m not old. I’m just a recycled teenager.” I need to get one of those shirts. Overall, I still think like an anti-establishment teenager of the 1960's. I am just more settled and mature. My generation is often viewed as radical. They also call us liberals. Both terms are considered negative. We are both. The world is vastly different than it was 60 years ago. Today’s health care workforce consists of workers from four generations. Residents in our facilities represent three generations.

A generation is defined by the birth dates of its members and life stage in history. The core knowledge, values, and beliefs of each generation were shaped by the same events. Each group has its own characteristics, values, beliefs, and preferences. Although I am in the US, generational characteristics are considered much the same worldwide. Learning the factors that occurred during the first 15 to 20 years of life will help you understand the residents and people you work with, enabling you to bridge the generation gap.

I spent 90-days as a skilled nursing facility resident several years ago due to a serious injury.  I was the youngest resident in this well-managed, “culture change” facility. I was comfortable and enjoyed interacting with the residents, yet still dissatisfied. It took me awhile to identify the problem. My discomfort was caused by lack of intergenerational care. I was the only Baby Boomer in the facility. Activities were boring and not cerebral enough for me. Although they had a selective menu, the food was terrible and portions were small. I wanted some tacos and other ethnic foods. No such luck.

Most residents represent the Veteran Generation (1923-1945). A few are from the GI Generation (1901-1922). Facilities are successfully caring for these two groups. Oh oh. Enter the radical boomers. We are beginning to admit members of the Baby Boom generation (1946-1964). (Personally, I have always disliked this label.) It is time for facilities to meet the very different needs of these two groups. Begin with activities and dietary, but don’t stop there. Form a committee in which all employee groups. Begin transitioning now!

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