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soins de longue duree

Etablissements pour personnes âgées : crise sanitaire, éthique, sociétale ?

Publié le par Bernard Pradines

image issue du site : fr.news.yahoo.com

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La pandémie en cours a mis en lumière une fragilité collective connue, bien moins explorée que la fragilité  individuelle. Cette dernière fait l’objet de programmes de recherches et de nombreux congrès et publications[1]. Ce n’est pas le cas de la première, celle qui a trait à la proximité, voire à la promiscuité de personnes polypathologiques et dépendantes dans un même lieu commun. Une aubaine pour tout microorganisme mal intentionné. S’y trouvent aussi des personnes qui souffrent de troubles dits du comportement qui ignorent toute distanciation et autres « gestes barrières ».

La crise sanitaire est venue mettre à mal la doxa répétée à souhait : le résident d’établissements pour personnes âgées est chez lui car l’établissement est son domicile. De nombreux témoignages de résidents, de familles et de soignants sont venus contredire cet idéal affiché. Confinement, isolement, rupture de lien significatif avec leur famille, dépression et régression conséquentes se sont invités cruellement au rendez-vous. Un phénomène qui sera étudié pendant de nombreuses années tant il est antinomique de l’esprit des déclarations d’intention. Je ne citerai que deux articles de la fameuse charte des droits des personnes âgées[2]

  • Une vie sociale malgré les handicaps : toute personne âgée dépendante doit conserver la liberté de communiquer, de se déplacer et de participer à la vie de la société.
  • Présence et rôle des proches : le maintien des relations familiales et des réseaux amicaux est indispensable aux personnes âgées dépendantes.

De plus, en dehors de toute crise, la réputation des établissements pour personnes âgées demeure problématique, malgré les efforts méritoires des intervenants professionnels et bénévoles.

Ainsi, pour deux personnes sur trois en France, il est inenvisageable d'être placées en EHPAD.[3]

Un sujet sensible par les temps qui courent. La nécessité impérieuse d’améliorer les EHPAD après les deux rapports de mars 2018[4] et mars 2019[5].

Ainsi avons-nous affaire à une double crise éthique et sociétale. D’une part un conflit entre les valeurs affichées telles que le label Humanitude et la réalité. De l’autre une difficulté majeure pour améliorer les établissements pour personnes âgées au temps des pénuries de personnels, de difficultés de recrutement, de fatigue post-covid-19 et de menaces de procès consécutifs à la crise sanitaire.

D’aucuns souhaitent, voire prophétisent la disparition des établissements pour personnes âgées. Ils sont parfois moins diserts sur les solutions d’amélioration et de substitution. Je m’y essaierai prochainement.

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Covid-19 : des désaccords

Publié le par Bernard Pradines

Covid-19 : des désaccords

Bien des citoyens français et mondiaux sont désorientés par les informations contradictoires qui leur parviennent. Le malaise s’accroit du fait de la progression de la maladie pandémique et du caractère polémique des discussions.

Je ne peux pas éviter de vous faire part de mon grain de sel.

Au point où nous en sommes, voici quelques pistes personnelles :

  • Les médicaments ne doivent pas, à mon avis être prescrits sans qu’au moins une étude sérieuse ait pu prouver leur rapport satisfaisant bénéfice/risque. La revendication encore trop prégnante de leur efficacité sur le simple constat de l’évolution naturelle favorable de la maladie ne peut pas suffire. Le risque est trop élevé de voir des effets secondaires graves par des mécanismes variés : toxicité directe, surdosage absolu ou relatif[1], interférences avec la pathologie en cours, interférences médicamenteuses, interférences avec l’alimentation. Cette considération est d’autant plus préoccupante que l’on ne parle pas ici de paracétamol administré à dose correcte. Mais d’hydroxycholoroquine, d'interféron bêta, d’antiviraux, de plasma injecté à autrui, de vaccin mis au point en un temps record…
  •  Le port du masque doit être généralisé dans la mesure où l’on peut et l’on doit en disposer. En son absence temporaire, le confinement doit être encore plus rigoureux. Pour les sorties indispensables, cacher le nez et la bouche avec un tissu épais ou doublé, quel qu’il soit : foulard, écharpe, cagoule de moto, etc. Les lunettes sont souhaitables.
  •  La défiance envers les autorités sanitaires et gouvernementales, liée à leur déni trop long et à leur adaptation à la pénurie, ne doit pas nous faire modérer le suivi strict des "mesures barrières" recommandées.
  • La situation actuelle est, par son caractère critique, révélatrice d’une réalité bien plus profonde qui demandera des années pour être correctement analysée. J’en veux pour exemple l’impossibilité d’accéder aux résidents des EHPAD, y compris pour leur famille. Quelle merveilleuse démonstration que l’EHPAD n’est pas le domicile privé de la personne résidente, quoique l’on claironne en temps ordinaires.

Je peux me tromper.

Je le sais.

Je n’en ai pas honte.

 

[1] Surdosage relatif : dose normale mais capacités d’élimination diminuées. Par exemple insuffisance rénale, même temporaire

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