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Les trois souhaits

Publié le par Louis Lacaze

Les unités de soins intensifs pleinement fonctionnelles poursuivent trois buts complémentaires envers les patients en situation pathologique critique : les soins urgents vitaux, la réhabilitation précoce et les soins palliatifs.

L’éditorial d’une revue médicale américaine note la présence de deux catégories chez le personnel soignant. On peut rencontrer les acharnés des soins intensifs, techniciens qui estiment que leur travail est terminé lorsque la médecine n’a plus de traitement à proposer. Ils augmentent la dose de morphine, passent furtivement devant la chambre du patient, s’échappent par la petite porte pour éviter de rencontrer les familles  qui attendent patiemment.

On rencontre aussi d’autres soignants qui au contraire pensent que leur travail est loin d’être terminé. Ils cherchent à soulager, à humaniser les derniers instants d’une vie qui se termine. Parmi eux, on trouve les auteurs d’une étude dirigée par Deborah Cook, présentée dans le même numéro de la revue.  Elle pense que si les soins palliatifs visent  à faciliter le départ des patients en fin de vie en leur apportant confort et dignité, il est possible d’aller plus loin en aidant le patient et la famille à exprimer un message qui laisserait une marque après le décès. Le projet des trois souhaits a donc été lancé.

Les auteurs ont demandé à 21 patients en fin de vie de choisir trois souhaits susceptibles de les valoriser. Les soignants et les familles ont activement participé à ce choix par leurs suggestions. La quasi-totalité des souhaits, soit 97.5%, ont pu être respectés, soit par le patient, soit par la  famille après sa mort, pour un coût variant de 0 à 200 €. Les spécialistes en soins palliatifs noteront que cette démarche n’apporte rien de nouveau, qu’elle est couramment utilisée avec les enfants mais que son efficacité a été mesurée pour la première fois.

Sources

Choice and Control at the End of Life – The 3 Wishes Project http://www.geripal.org/2015/08/choice-and-control-at-end-of-life-3.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+Geripal+%28GeriPal%29

A practical approach to humanizing care for patients who are expected to die in an intensive unit

Hansen-Flaschen J. Editorial Ann Intern Med. 2015;163(4):318-319. doi:10.7326/M15-1351

 http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26167803

Personalizing Death in the Intensive Care Unit: The 3 Wishes Project: A Mixed-Methods Study

Deborah Cook, MD et al

 http://annals.org/article.aspx?articleid=2395727

Publié dans soins palliatifs

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Les activités manuelles, intellectuelles, artistiques et les contacts en société pourraient entretenir le cerveau

Publié le par Louis Lacaze

Les activités manuelles, intellectuelles, artistiques et les contacts en société pourraient entretenir le cerveau

Une étude récente de Roberts (Roberts et al, 2015) de la clinique Mayo de Rochester (USA), publiée dans le n° d’avril de Neurology a suivi 256 seniors de 85 ans ou davantage pendant plus de 4 ans. Les participants ont rempli des questionnaires tous les quinze mois afin de les interroger sur leurs activités manuelles, leurs relations avec des amis, leurs sorties, leurs lectures, leur utilisation d’ordinateurs. Si aucun ne présentait des signes de déficit cognitif léger au début de l’étude ils n’étaient plus que 135 quatre ans plus tard.

 

Le risque de démence légère chutait de 45% chez ceux qui pratiquaient une activité manuelle, de 55% chez ceux qui avaient conservé des contacts avec l’extérieur, de 55% chez ceux qui savaient utiliser un ordinateur. Ceux qui exerçaient une activité artistique voyaient le risque baisser de 73%.

Entreprendre ces activités à un âge avancé s’accompagnait d’effets bénéfiques mais non probants sur le plan statistique.

Les chercheurs ont pu relever d’autres résultats : les hypertendus ont vu leur risque de déficit cognitif multiplié par deux, celui de démence légère augmenté de 13%. Ceux qui souffraient de polypathologies ont présenté un risque accru de 8%. Une prédisposition génétique (APOE ε 4), un état dépressif concomitant, une hypertension ayant débuté au milieu de  vie, un nombre accru de pathologies vasculaires ou bien des maladies chroniques augmentaient le risque d’apparition d’un déficit cognitif léger.

Le dilemme de l’œuf et de la poule n’a pas échappé aux chercheurs. Ces activités protègent-elles les seniors, ou sont-elles pratiquées principalement par ceux qui ont par ailleurs conservé toutes leurs facultés intellectuelles ? L’étude montre qu’il existe un rapport entre certains facteurs de risque et la démence sans qu’une relation de cause à effet puisse être établie. Dans le doute, il semble sage de conseiller les activités associées à une moindre prévalence des déficits cognitifs sans culpabiliser celles et ceux qui ne s’y sont pas prêté.

Sources :

Roberts RO, Cha RH, Mielke MM, Geda YE, Boeve BF, Machulda MM, Knopman DS, Petersen RC. Risk and protective factors for cognitive impairment in persons aged 85 years and older. Neurology. 2015 May 5;84(18):1854-61.

 Could painting, pottery and parties in middle and old age help keep the brain in better shape?

http://www.nlm.nih.gov/medlineplus/videos/news/Arts_Crafts_041015.htm l 

http://www.nlm.nih.gov/medlineplus/news/fullstory_151918.html

Texte complet Risk and protective factors for cognitive impairment in persons aged 85 years and older

http://www.neurology.org/content/84/18/1854

Publié dans prévention

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