Une adaptation contrainte : le glissement de tâche
La continuité de l’analgésie est capitale chez les personnes accueillies en EHPAD, MAS et EAM, et plus particulièrement chez les personnes en fin de vie. Ainsi, l’absence d’infirmière et de médecin pendant la nuit amène-t-elle à des aménagements nouveaux avec glissements de tâche que je laisse à votre appréciation à la lecture du document en lien ci-dessous. Il émane de l’Agence Régionale de Santé (ARS) de Franche-Comté (France) en février 2023.
Légende :
EHPAD : établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes
EAM : un Etablissement d’Accueil Médicalisé (EAM) accueille des adultes en situation de polyhandicap, inaptes à toute activité à caractère professionnel [1].
MAS : une Maison d’Accueil Spécialisée (MAS) accueille des adultes en situation de handicap qui n’ont pu acquérir un minimum d’autonomie et dont l’état de santé nécessite une surveillance médicale et des soins constants. Ils sont tous atteints de polyhandicap [2].
AS : aide-soignant(e).
AES : L’accompagnant éducatif et social (AES) réalise des interventions sociales au quotidien visant à accompagner la personne en situation de handicap ou touchée par un manque d’autonomie quelles qu’en soient l’origine ou la nature [3].
Téléchargeable à :
ou bien à :
https://www.geriatrie-albi.com/Protocole_Administration_morphiniques_nuit_EHPAD_fevrier2023.pdf
Commentaire de Marie-Christine Montandon. Ce doit être une pratique basée sur la confiance. L'infirmière prépare le traitement à l'avance, l'AS administre. Certains traitements sont déjà administrés sous délégation à l'AS, puisque cela fait partie de son domaine de compétences. En revanche, des gouttes préparées à l'avance perdent de leur stabilité. Le traitement reste-t-il efficace et combien de temps ?
Par ailleurs, en fin de vie, la forme orale est souvent suspendue au profit d'une voie injectable. Alors, comment font ces établissements ? Certains font appel à l'HAD, à des infirmières libérales mais on peut s'interroger quant à la surveillance régulière.
Les glissements de tâches en Ehpad ont toujours existé mais cela s'était amélioré. Au vu des conditions actuelles, il est fort probable que cela s'aggrave. Dans le cadre du respect des résidents et pour assurer leur confort, nous soignants (mais également leurs familles) souhaitons accompagner leur fin de vie dans leur cadre de vie, entourés de leurs proches et de soignants qui les connaissent bien, avec qui se sont contruites des relations de proximité. C'est pour nous, du non-abandon.
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