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douleurs

Mourir comme un chien ?

Publié le par Louis Lacaze

Fille de vétérinaire, propriétaire de cinq chiens, j’espère continuer à faire preuve de beaucoup de compassion quand leur dernière heure sera venue. J’en ai perdu beaucoup et penser à eux me remplit toujours de tristesse. Toutefois je sens qu’ils ont quitté notre monde beaucoup plus librement que tous les proches qu’il m’a été donné de perdre. Ils n’ont pas souffert, peut-être ont-ils ressenti une pointe d’inquiétude en se demandant ce qui leur arrivait, ce qu’ils découvriraient de l’autre côté; après tout il se pourrait qu’ils en sachent plus que nous.

De mon côté comme je ne les ai pas vu souffrir pendant des jours, des semaines ou des années j’ai éprouvé moins de peine. Comme je ne sais pas comment ils aimeraient vivre leurs derniers instants je leur procure un dernier témoignage d’amour et de respect en évitant toute trace d’éventuelle culpabilité pour ne pas avoir soulagé leur souffrance.

Je suis médecin, j’aimerais que devant la mort nous puissions avoir la même attitude. Puissions-nous mourir paisiblement entourés de nos amis plutôt que d’être couverts de tubes et d’appareils nous maintenant en vie. Ne vous méprenez pas, il existe un temps pour tout : il existe un moment où tout doit être fait pour lutter contrer la douleur un jour de plus. Elle fait partie de la vie. Mais elle ne doit pas nous écraser pendant les derniers jours qu’il nous reste à vivre. S’il y a un temps pour soigner et guérir il ne doit pas nous conduire à retarder la mort.

Commentaires de Bernard Pradines : ce texte est fort intéressant. On ne peut que souscrire à la volonté de maîtriser la douleur jusqu'au bout. En n'oubliant pas toutefois de s’intéresser à tous les symptômes pénibles non douloureux et à l'accompagnement dans un sens large : patient, famille, proches. Pourtant, je suis toujours un peu perplexe lorsque l'on compare  les animaux et les humains dans ce contexte. Un peu interloqué quand on se projette en se demandant "ce qu’ils découvriraient de l’autre côté". L'euthanasie des animaux sera aisément qualifiée d'assassinat chez les humains (meurtre avec préméditation) car le consentement de l'intéressé n'a pas été recueilli. Si l'on "achève bien les chevaux", il semble difficile d'appliquer ces termes aux humains, excepté lors d'un conflit armé ou d'une exécution. Plus quotidiennement, dans la vraie vie, je suis admiratif pour la grande certitude dont fait preuve ma consoeur dans ce texte. Peut-être n'a-t-elle pas encore eu le temps d'avoir des surprises lorsque ceux qui doivent mourir ne meurent pas et que, en sens inverse, meurent ceux dont on pensait que ceci ne se produirait pas avant longtemps.

Source :

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Fractures

Publié le par Louis Lacaze et Bernard Pradines

Fractures

Une étude récente dirigée par le Dr Carter de l’université de Cardiff révèle que les somnifères augmentent nettement le risque de fracture de la hanche chez les personnes âgées. La recherche porte sur une population variant de 500 à plus de 100 000 personnes de plus de 65 ans.

Le risque le plus élevé se manifeste au cours des deux semaines qui suivent le début de la prise de somnifères. Les nouvelles spécialités – Ambien[1], Sonata[2], Lunesta[3] – présentent les mêmes risques que les benzodiazépines classiques. Toutes augmentent fortement le risque de chutes à la suite de leur prescription.

 

Les nouveaux utilisateurs ont un risque de fracture multiplié par 2,5  par rapport aux personnes qui ne consomment pas ces médicaments. Le risque s’atténue par la suite mais ne disparaît pas totalement. Si le risque de fracture de la hanche s’élève à 53% pendant les 15 à 30 premiers jours il est toujours de 20% par la suite. Le taux de mortalité peut varier de 20 à 50% et un nombre élevé de survivants restera handicapé.

 

D’autres chercheurs regrettent que trop de médecins se précipitent sur les somnifères alors que des alternatives existent : un peu d’exercice physique avant le coucher, pas de caféine à partir de 3 h de l’après-midi, peu ou pas de consommation d’alcool et une bonne hygiène de sommeil. Avant de prescrire un somnifère il est impératif vérifier que la patient évolue dans un environnement sécurisé.

 

A noter toutefois que les médecins, s'ils sont bien décisionnaires car prescripteurs, sont soumis à une intense pression des patients et de leurs entourages lorsque les insomnies sont mal vécues par les uns ou par les autres. Il s’agit donc, au sens premier de ces termes, d'un vrai problème d'éducation thérapeutique.

 

Source :

Sleeping Pills Boost Danger of Falls, Fractures in Older Users

https://medlineplus.gov/news/fullstory_165143.html


[1] Zolpidem commercialisé aussi en France sous le nom de STILNOX

[2] Zaleplon non commercialisé en France

[3] Ezoplicone non commercialisé en France

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