Jamais la violence
Dans un ouvrage auquel j’ai participé, paru en 2004, sous le titre de « Silence on frappe », nous dénoncions toutes les formes de violences et de maltraitances envers les personnes âgées vulnérables. A cette date, le sujet était encore largement tabou. Le déni était si fort que la direction de mon établissement ne voulait même pas en « entendre parler ». Les soignants, eux, redoutaient que leur dévouement ne soit sali par des faits qu’ils réprouvaient.
Aujourd’hui, vingt ans plus tard, nous analysons toujours mieux ces phénomènes inadmissibles. De nombreux travaux et témoignages, émissions de télévision et ouvrages tels que « Les fossoyeurs » sont venus conforter la connaissance d’une réalité que nous ne voulions pas envisager.
Nous savons mieux, désormais, que les maltraitances possèdent des facteurs favorisants individuels et collectifs. Ainsi, la condition actuelle faite aux EHPAD et aux établissements de soins doit-elle nous mobiliser, quelle que soit notre position dans la société !
La violence physique envers les personnes âgées vulnérables est souvent liée aux troubles cognitifs dont souffrent ces personnes. Leur éventuelle réaction brutale de refus de soins, par exemple au moment de la toilette, peut leur valoir en retour une hostilité sous la forme d’une contrainte physique ou même de coups. Il en est ainsi de la désinhibition sexuelle ou encore de certaines idées délirantes ou hallucinations. La santé mentale des proches aidants et des aidants professionnels étant mise à rude épreuve, tout devient possible.
C’est pourquoi nous devons impérativement soutenir l’entourage des accompagnants, à domicile et en établissement, afin de limiter au maximum leurs possibles réactions violentes. A ce prix seulement nous pourrons affirmer haut et fort : jamais la violence.
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