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Animation : le meilleur du passé au présent

Publié le par Marie-Laure Delibes, animatrice

site de la photographie en cliquant sur l'image
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J’interviens en EHPAD (Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) en tant qu’animatrice extérieure auprès des personnes âgées.

Beaucoup de travail en amont, avant d’arriver le jour prévu dans la salle affectée à l’animation : lecture d’ouvrages historiques ou de référence, recherche de documents, d'affiches et d'objets évocateurs, d’ambiances musicales rares mais enjouées et dynamiques, de chansons familières aux oreilles des anciens et que les nôtres ont parfois oubliées....

Tout ceci, bien sûr, à partir d’informations concernant les personnes devant lesquelles je dois intervenir. Un travail passionnant, à la faveur duquel je revisite notre histoire de France par la petite porte.

Ce qui me passionne aussi ce sont les « petites » histoires des personnes âgées qui rejoignent souvent celle que l’on appelle la « grande » histoire ! Mon objectif d’animation : recréer une ambiance propice aux échanges qui transporte sans fatigue les personnes âgées dans leur passé et dans toute la mesure du possible, dans le meilleur de leur passé. Celui-ci devient ainsi de nouveau facilement accessible au présent. Avec le résultat attendu sinon des échanges verbaux passionnants tout au moins une communication verbale ou non verbale brève plus parlante que de longs discours !

Illustration avec cette expérience vécue récemment au sein d’une unité Cantou. J’arrive un beau matin avec une animation thématique : souvenirs d’enfance et scolaires. Il est prévu que j’intervienne auprès de personnes atteintes de maladies neurodégénératives. J’installe au préalable mon matériel et déjà, avant même de lancer l’animation, dès l’ouverture de la première valise, les regards convergent vers moi... Je sors de ma valise un baigneur en plastique. Je le fais passer à la première personne proche de moi. « Oh qu’il est mignon ! Qu’il est beau ! » Et le poupon passe de mains en mains, bercé par des bras très maternels. Et puis l’animation commence. J’évoque l’enfance et le pot au lait avec l’objet en question que je fais circuler. Même chose pour une cloche qui servait aux chevaux. Dans leur jeunesse, les personnes sont toutes allées « au lait » avec le pot à remplir...Un moulin à café suit le même chemin...

Parmi mes fidèles auditeurs, il y a un résident qui ne dit mot mais semble très attentif. Je fais entendre puis chanter « Le galérien » avec les Compagnons de la Chanson. Et deux à trois minutes plus tard, il pleure sans bruit sans me quitter des yeux. C’est un homme qui ne verbalise plus, je ne lui pose donc pas de question qui lui permettrait d'exprimer autrement ses émotions. Pendant ce temps-là, une personne qui déambulait accepte mon invitation à esquisser quelques pas de danse. Je poursuis l’animation avec l’évocation de la vie scolaire, avec à l’appui boîtes à bons points, règle de l’écolier et de la maîtresse. Je fais admirer quelques cartes scolaires évoquant des thèmes familiers pour mon auditoire de ce jour : le marché, les pompiers... Et chacun de s’y intéresser et d’y porter une véritable attention. Je fais entendre puis chanter une chanson de Tino Rossi « Chérie sois fidèle ». Et la résidente qui déambule accepte mon invitation à danser. Je ne la quitte pas des yeux en souriant. Et progressivement mais sans beaucoup ouvrir la bouche, je constate que du bout des lèvres, elle reprend avec moi les paroles du refrain de la chanson. Je la raccompagne ensuite à sa place.

Pour mettre un point d’orgue à l’animation, je fais entendre la chanson « Adieu Monsieur le professeur », interprété par Hugues Aufray. Et là, une résidente se met à pleurer à chaudes larmes. Je vais vers elle. Elle me sourit tout en tenant le papier sur lequel figuraient les paroles de la chanson que j’avais distribué au préalable à chaque personne présente, et en continuant de pleurer elle me dit : « Merci, merci , est-ce que je peux garder les paroles ? ». Je réponds par l’affirmative. Je n’ose pas aller plus loin dans l’échange avec la résidente. Je redoute d’augmenter son émotion. Lors de ma prochaine visite au sein de l’unité Cantou, je demanderai s’il est possible de rencontrer la personne dans sa chambre en tête à tête pour qu’elle puisse se livrer davantage, après une nouvelle audition de la chanson « Adieu Monsieur le professeur ».

L’histoire s’arrête là ? Non pas encore car je disposais d’une peluche, un lapin gris et blanc. Je le fais passer à une personne qui me le renvoie. Du coup, je renvoie la peluche à mon tour à une autre personne et l’animation se termine dans un fou rire général, chacun s’employant – même les aides-soignantes ont joué le jeu – à renvoyer le lapin à un de ses voisins.

Je pense que les résidents du Cantou ont passé un moment ludique, agréable et pour certains d’entre eux très émouvant. Je garde pour ma part, le souvenir d’une matinée extraordinaire. Et j’ai très envie de continuer à travailler dans ce sens pour rendre les personnes âgées actives dans leurs souvenirs, afin qu’elles puissent ainsi les revisiter au présent !

Publié dans animation, EHPAD

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Une maison de retraite ? Jamais de la vie !

Publié le par Papi

Une maison de retraite ? Jamais de la vie !

Personne n’est impatient d’entrer en maison de retraite. Pourtant, les établissements d'hébergement pour personnes âgées accueillent en France 720 483 personnes dépendantes au 31 décembre 2011. On ne doit jamais promettre à quelqu’un qu'on ne l’enverra jamais en maison de retraite pour ensuite se retrouver incapable de lui apporter les soins nécessaires 24 heures sur 24.

La plus grande erreur que l’on puisse faire, c’est d’attendre la dernière minute pour partir à la recherche d’une maison de retraite ; à moins d’avoir beaucoup de chance, c’est courir à l’échec. Tout comme pour l’achat d’une nouvelle voiture souvent choisie avec précautions, une recherche méthodique s’impose.

On doit d’abord s’intéresser au coût du séjour, se renseigner sur l’aide financière qui peut être apportée.

On peut ensuite s’enquérir de l’accessibilité de l’établissement. Le résident pourra-t-il recevoir un maximum de visites de sa famille et de ses connaissances ?

Une précaution : ne pas se fier aveuglement aux brochures et plaquettes présentant l’établissement. Il convient de le visiter à différentes heures, de vérifier la propreté des lieux ainsi que le confort des chambres. Observez le comportement du personnel face aux résidents. Est-il patient, courtois ? Appelle-t-il les résidents par leur nom ? Ceux qui mangent lentement sont-ils correctement aidés ?

Si le futur résident est atteint de démence, des points particuliers doivent retenir l’attention :

· Pourra-t-il avoir suffisamment d’espace pour ne pas se sentir enfermé ?

· Des activités correspondant à ses capacités intellectuelles sont-elles proposées et non imposées ? On peut noter que le chant, la musique, la pratique d’un instrument demeurent possibles pour beaucoup de résidents présentant des signes de démence avancée.

L’environnement est-il agréable ou anxiogène ?

Les résidents sont-ils propres et correctement habillés ?

Le mieux peut être l’ennemi du bien. Un résident peut se sentir étranger dans une maison de retraite luxueuse où il se retrouve isolé.

Une préparation soignée ne met pas à l’abri de situations délicates. Les problèmes devront être abordés auprès du personnel avec calme et courtoisie en évitant l’affrontement. Une attitude agressive n’aura jamais d’effets positifs.

Sources

Enquête auprès des établissements d’hébergement pour personnes âgées en 2011 (EHPA 2011, DREES). Premières données – juillet 2013

Un article du New York Times

http://well.blogs.nytimes.com/2014/07/28/nursing-home-unthinkable-be-prepared-in-case-its-inevitable/?_php=true&_type=blogs&emc=edit_tnt_20140731&nlid=67268624&tntemail0=y&_r=0

Publié dans EHPAD

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