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soignants

Qui écoute qui ? Qui parle à qui ?

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://www.francais-clg.fr/des-conseils-pour-travailler-son-expression-orale-des-le-college/

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Tiens, voici un médecin qui parle à une infirmière en présence d’un patient sans adresser la parole à celui-ci. Pas grave me direz-vous. Qui peut se vanter d’être toujours écouté et entendu ?

Ah, voici deux médecins qui conversent entre eux, quelque peu perturbés par les questions du patient. Eh bien, voici deux aides-soignantes qui font la toilette d’un résident en évoquant entre elles le dernier week-end passé en famille. Déjà bien heureuses d’être à deux pour ce faire. Surtout, c’est le rhume du dernier-né qui inquiète une protagoniste. Les voici au repas, aidant chacune une résidente, échangeant autour de leurs dernières vacances parfois difficiles avec leurs beaux-parents. Parler avec la résidente poserait un problème de lenteur à la prise du repas car, en s’exprimant, la personne âgée ne déglutirait pas. Par ces temps de pénurie en personnels et de temps contraint, comment le leur reprocher ? Ah, voici le brancardier qui vous adresse la parole. Cela vous change de celui qui est resté coi.

Question aux lecteurs : combien de dépenses de formation pour changer ces situations ?

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Entre médecins et malades : un certain malaise

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://www.caducee.net/actualite-medicale/13286/medicaments-de-la-maladie-d-alzheimer-la-has-prone-le-deremboursement.html

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Il est aisé de qualifier les médecins de bons et de mauvais de manière uniforme dans un sens moral ou de compétence du terme. Et de s’en arrêter là. Pourtant, de nombreux facteurs vont jouer dans les attitudes constatées, positives ou négatives.

Le nombre d’années d’études n’est pas un critère infaillible de qualité. Les origines sociales "inversées" des médecins par rapport à la population peuvent induire une culture de surplomb.  Ainsi, la « vision globale de la santé » ne leur échappe pas forcément mais elle n’a pas été vécue le plus souvent dans la chair de leur famille. S’y ajoute un sentiment d'élitisme, de supériorité, de négligence de l’opinion du patient, animé par certains enseignants dès la formation initiale. Un enseignement qui ne connait toujours pas les humanités de manière significative[1]. La crainte de se tromper de diagnostic ou de thérapeutique peut à elle seule entrainer une attitude défensive face à toute critique, même légère.  Cette posture est aggravée en situation de concurrence mixte, à la fois de réputation et financière, telle qu’observée en médecine libérale solitaire. La médecine hospitalière salariée elle-même n’échappe pas à la concurrence de réputation. Le corporatisme peut être aveugle car encouragé par le fait de ne jamais avoir connu d'autre pratique professionnelle, les médecins comptant de surcroit parmi les professions qui ont le plus de parents eux-mêmes médecins. S’y ajoute un mal fort répandu dans la population mais incompris des classes sociales qui sont les plus défavorisées : le goût immodéré pour les revenus financiers si largement partagé dans notre société de concurrence et de profit. D’où le sentiment d’être incompris quand les médias font état de revenus moyens supérieurs à 90 000 Euros par an pour un généraliste français ; sans préciser qu’une moyenne n’est qu’un indice qui ne doit pas être isolé de son écart-type. La démographie médicale actuelle et ses conséquences, très préoccupantes, aggravent cette situation d’incompréhension entre médecins et patients. Si elles étaient niées ou simplement oubliées pour des raisons corporatistes chez les médecins, il y a fort à parier que le fossé se creuserait un peu plus. Que la critique de la politique antérieure et présente oublie ce fait et ses causes ne pourrait qu’aggraver le malaise.


[1] Fleury C. Le soin est un humanisme. Tracts Gallimard. Mai 2019

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