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EHPAD et USLD

Publié le par Bernard Pradines

Extrait du rapport parlementaire Iborra - Fiat du 14 mars 2018 pour mieux comprendre pourquoi nous nous sommes insurgés contre la suppression de lits d’USLD (Unités de Soins de Longue Durée) au cours de la décennie 2000.

« Pour mémoire, les USLD prennent en charge des patients plus gravement dépendants que les EHPAD, et doivent par conséquent fournir « un suivi médical rapproché, des actes médicaux itératifs, une permanence médicale, une présence infirmière continue et l’accès à un plateau technique minimum ».

Entre 2007 et 2010, sur un total initial d’environ 73 000 lits de soins de longue durée, 41 000 ont été convertis en places d’EHPAD et seuls 32 000 ont conservé un statut sanitaire. Les crédits correspondant au fonctionnement des 41 000 lits convertis en places d’EHPAD ont logiquement été transférés de l’enveloppe sanitaire vers l’enveloppe médico-sociale.

Or, si l’écart entre USLD et EHPAD reste significatif en termes de dépendance (84 % de personnes relevant des GIR 1 et 2 en USLD contre 56 % en EHPAD) comme en niveau de soins requis, la fermeture de places d’USLD a mécaniquement conduit les EHPAD à prendre en charge des patients qui étaient auparavant pris en charge dans ces unités hospitalières. La population accueillie aujourd’hui en EHPAD tend donc à se rapprocher de celle qui était accueillie en USLD il y a quelques années, sans toutefois bénéficier de la même prise en charge médicale et des mêmes moyens. »

Vous avez tout compris.

Publié dans politique, EHPAD, SLD

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Lucile*

Publié le par Bernard Pradines

Me voici le 11 novembre 2018 dans le village qui a vu nombre de mes ancêtres vivre et s’y succéder. Lors de la cérémonie du centenaire de la fin du carnage de 1914 à 1918, je m’enquiers de Lucile dont je sais qu’elle est désormais en EHPAD. J’envisage de lui rendre visite. Pour moi, il ne fait aucun doute que l’un ou l’autre des villageois présents connait sa résidence dont chacun sait qu’elle se situe dorénavant dans une petite ville proche. Je n’imagine pas qu’une personne appréciée de tous, qui a tenu un restaurant réputé, activité devenue rare dans nos petites communes, pourrait être ignorée quant à son lieu de séjour, ce qui signifierait l’absence de déplacement de quiconque auprès d’elle. Déception : personne n’est au courant. Il m’est conseillé de m’adresser à l’un ou l’autre des deux EHPAD. Ce que je fais. Manque de chance, je tombe d’abord sur celui où Lucile ne se trouve pas.

Je me dirige alors vers le second, non sans m’être trompé de rue sur les indications floues fournies dans le premier EHPAD. Là, il faut d’abord pouvoir entrer dans le bâtiment. Ce qui n’est pas simple à l’heure des digicodes. Heureusement, une résidente qui profite du soleil à l’extérieur du bâtiment vient à mon secours. Une fois à l’intérieur, la recherche n’est pas terminée. Je parcours tous les étages sans âme qui vive susceptible de me renseigner et … sans succès. Enfin, une des trois salariées présentes à cette heure en ce jour férié m’indique le lieu correct où se trouve la résidente. Lucile ne me reconnait pas mais se souvient bien de ma mère. A plusieurs reprises, elle me prend les mains dans ses mains. Elle se confie longuement. Elle me parle du grand malheur de sa vie : la perte d’un fils, un de mes copains d’enfance. Elle me dit qu’elle voudrait bien des visites courtes. J’entends qu’elle ne peut plus s’engager dans des conversations qui trahiraient ses troubles mnésiques sévères. Pourtant, quand je dois repartir, un voile de déception traverse son regard.

Je m’éloigne en me demandant une fois de plus comment nous en sommes arrivés là. Comment transmettre ce message de bon sens : ne les oublions pas !

*Prénom modifié

Publié dans EHPAD, isolement

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