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ethique

Covid-19 : des désaccords

Publié le par Bernard Pradines

Covid-19 : des désaccords

Bien des citoyens français et mondiaux sont désorientés par les informations contradictoires qui leur parviennent. Le malaise s’accroit du fait de la progression de la maladie pandémique et du caractère polémique des discussions.

Je ne peux pas éviter de vous faire part de mon grain de sel.

Au point où nous en sommes, voici quelques pistes personnelles :

  • Les médicaments ne doivent pas, à mon avis être prescrits sans qu’au moins une étude sérieuse ait pu prouver leur rapport satisfaisant bénéfice/risque. La revendication encore trop prégnante de leur efficacité sur le simple constat de l’évolution naturelle favorable de la maladie ne peut pas suffire. Le risque est trop élevé de voir des effets secondaires graves par des mécanismes variés : toxicité directe, surdosage absolu ou relatif[1], interférences avec la pathologie en cours, interférences médicamenteuses, interférences avec l’alimentation. Cette considération est d’autant plus préoccupante que l’on ne parle pas ici de paracétamol administré à dose correcte. Mais d’hydroxycholoroquine, d'interféron bêta, d’antiviraux, de plasma injecté à autrui, de vaccin mis au point en un temps record…
  •  Le port du masque doit être généralisé dans la mesure où l’on peut et l’on doit en disposer. En son absence temporaire, le confinement doit être encore plus rigoureux. Pour les sorties indispensables, cacher le nez et la bouche avec un tissu épais ou doublé, quel qu’il soit : foulard, écharpe, cagoule de moto, etc. Les lunettes sont souhaitables.
  •  La défiance envers les autorités sanitaires et gouvernementales, liée à leur déni trop long et à leur adaptation à la pénurie, ne doit pas nous faire modérer le suivi strict des "mesures barrières" recommandées.
  • La situation actuelle est, par son caractère critique, révélatrice d’une réalité bien plus profonde qui demandera des années pour être correctement analysée. J’en veux pour exemple l’impossibilité d’accéder aux résidents des EHPAD, y compris pour leur famille. Quelle merveilleuse démonstration que l’EHPAD n’est pas le domicile privé de la personne résidente, quoique l’on claironne en temps ordinaires.

Je peux me tromper.

Je le sais.

Je n’en ai pas honte.

 

[1] Surdosage relatif : dose normale mais capacités d’élimination diminuées. Par exemple insuffisance rénale, même temporaire

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Ethique du tri des malades

Publié le par Louis Lacaze

 Ethique du tri des malades
 Ethique du tri des malades

Précision : ce texte émane d'un auteur aux USA.

On peut craindre qu’un jour les ressources médicales disponibles ne permettront pas de faire face à l’afflux de patients. Adapter l’offre à la demande pour apporter au plus grand nombre la meilleure qualité de soins possible exige une sérieuse réflexion préalable en amont.

 

Éliminer les patients présentant un pronostic défavorable viole le principe d’égalité puisque la sélection ne porte que sur une certaine catégorie de malades qui peuvent penser que leur vie n’a que peu d’importance et se sentir victimes de discrimination. Établir une liste des pathologies qui permettrait d’éliminer une catégorie définie de patients présente le même défaut. De plus le droit fondamental en médecine du patient à participer à l’élaboration de son traitement est bafoué.

 

Une autre considération éthique incite à privilégier les générations les plus jeunes non pas parce qu’elles présentent plus de valeur pour la société mais par souci d’égalité : elles n’ont pas eu leur chance pour connaitre les différentes étapes de la vie : jeunesse, âge adulte, maturité, vieillesse. De même les personnes qui ont des responsabilités dans la lutte contre la maladie peuvent bénéficier d’une priorité justifiée par leur utilité pour la société.

 

La prise en compte de ces éléments a permis à de nombreux établissements de santé de classer les patients selon des critères bien définis. Une équipe de tri composée d’un médecin, d’une infirmière, d’un représentant de l’administration place chaque arrivant selon une grille préétablie dans le groupe rouge (priorité haute), orange (priorité moyenne) ou jaune (priorité faible). Il est important de noter que le personnel qui traitera le patient ne fait pas partie de l’équipe de tri. Le classement est provisoire et pourra être réexaminé ultérieurement selon l’évolution de l’état de santé du patient et la disponibilité de respirateurs qui peut varier dans le temps. En cas d’ex-æquo le patient le plus jeune est retenu. En dernier lieu un tirage au sort est possible. Le patient sera informé des modalités de l’opération de tri et aura la possibilité de faire appel.

Les patients qui ne recevront pas de traitement lourd seront médicalement suivis, recevront un soutien psychologique, bénéficieront de soins palliatifs.

 

Alors que le manque de respirateurs semble inéluctable il parait urgent que tous les établissements de santé utilisent une grille telle que celle exposée dans Appendix pour distribuer ces appareils avec un maximum d’équité.

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