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Comment persuader en adoptant une approche scientifique

Publié le par Louis Lacaze

Comment persuader en adoptant une approche scientifique

Le public est peu sensible aux arguments faisant appel aux statistiques et aux probabilités. La dimension psychologique domine : l’homme est une créature sociable, le port du masque, le confinement seront mal acceptés, n’étant pas conformes à nos normes habituelles dans la relation interhumaine, bien au-delà de l’inconfort ressenti.

Ainsi, les comportements souhaités doivent être faciles à exécuter et à répéter.

Adopter un nouveau comportement est valorisant car protégeant l’ensemble de la population.

L’exécuter doit procurer une satisfaction personnelle : je me protège moi, ma famille et les autres.

Il ne vise pas à être passager mais à devenir une habitude.

C’est ce que je dois faire et pourquoi.

Placer des flacons de gel hydroalcoolique en divers endroits du domicile incite à les utiliser. Accrocher un masque près de la porte d’entrée évitera de l’oublier en sortant. Idem pour respecter les cheminements indiqués dans les lieux publics ou utiliser le gel mis à la disposition des visiteurs.

En supprimant un maximum d’obstacles à l’adoption d’un nouveau comportement, il est possible de créer de nouveaux automatismes.

Les sciences sociales ont démontré que reconnaitre un manque de certitude était davantage accepté qu’une affirmation péremptoire contredite par la suite. Le mensonge d’État sur les pénuries de masques et de tests, l’incapacité de ses structures de faire face à une situation d’urgence, les volte-face continuelles ont fortement entamé la crédibilité des officiels. Il eût été préférable de diffuser l’information avec prudence. La large diffusion d’images de jeunes fêtant la fin du confinement a pu faire croire que cette réaction était générale. Comme les jeunes générations sont rebelles aux formes d’autorité incomprises, le mouvement a pris de l’ampleur, ouvrant peut-être la voie à la deuxième vague de covid-19.

Sources

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Comment j’ai aidé mon mari atteint de la maladie d’Alzheimer

Publié le par Christiane Vanhoudt 

Mandala de mon mari

Mandala de mon mari

Mon mari ayant toujours eu un bureau, je lui en ai acheté un dès qu’il est entré en maison de repos et de soins[1]. Comme passe-temps, mon mari aimait peindre. Je lui ai fourni des mandalas en remplacement. Il a pris beaucoup de plaisir à les colorier sur son nouveau bureau. Il avait aussi deux porte-crayons où s’étalaient toutes les nuances de couleur.

Evidemment, au fil du temps, j’ai dû acheter des mandalas plus simples puis finalement des dessins à colorier pour enfants. Néanmoins, nous avons eu beaucoup de bonheur à partager les coloriages, lui à un bout et moi à l’autre. Notre connivence était totale.

Nous étions heureux quand nous chantions ensemble. J’ai donc copié les paroles de chansons « de son temps ». Au début, il lisait, mais après, il sautait un mot, une phrase. Finalement, cela s’est terminé par mon mari qui chantait à tue-tête sur des onomatopées. Mais il chantait ! Et moi, aussi souvent que possible, je lui chantais une comptine, toujours la même, me doutant qu’un jour, ce serait mon moyen de reconnaissance. Et, puisque les chansons étaient copiées, il les recopiait parfois en guise de passe-temps. Nous tenions aussi un cahier où nous notions et collions des images de ses journées en maison de repos et de soins.

Le confinement dû au covid a stoppé mes efforts pour le garder le plus longtemps possible éveillé au monde. Alors, je lui ai écrit 47 lettres. Quand il hésitait sur sa lecture, il demandait au personnel de lire sa lettre oralement. Il a été photographié à ce moment-là et j’étais payée de ma peine au centuple.

Dans cette maladie, n’ayant plus de repères intellectuels, il est devenu très tactile. Alors, c’était des câlins, des mains sur l’épaule, le cou. Faire un petit pas de danse à deux. Se promener bras dessus, bras dessous. Tout ce qui pouvait nous faire sentir très proches physiquement.

Pour maintenir des contacts amicaux avec d’autres personnes, j’ai organisé son anniversaire dans sa chambre. Quelques personnes invitées nous ont rejoints. Nous avons bu une boisson pétillante destinée aux enfants, et nous avons mangé un délicieux gâteau d’anniversaire après en avoir soufflé les bougies. Maintenir les coutumes traditionnelles, c’est primordial.

Sa fin de vie s’est faite à l’hôpital, mais il m’a reconnue grâce à la comptine habituelle que j’ai chantée plusieurs fois. D’abord, il s’est montré intéressé. Ensuite, il m’a fixée intensément et enfin il m’a fait son plus beau sourire. Il m’a reconnue jusqu’à son dernier jour.

Maintenant, j’ai gardé ses mandalas, les cahiers de bord de ses journées, ses chansons, ses écrits copies de textes, même ses dessins croqués à main levée tel ce chariot de nettoyage dessiné sur une serviette en papier. 

Je vous souhaite à toutes et tous de faire votre possible pour maintenir le contact le plus longtemps possible avec votre malade. De le maintenir ouvert au monde et attentif, encore, à ce qu’il y a autour de lui.


[1] Equivalent belge des EHPAD en France

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