Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

alzheimer

L’idéologie cachée de la formation des soignants

Publié le par Bernard Pradines

 Idéologie : selon Wikipedia, une idéologie est un système prédéfini d'idées, appelées aussi catégories, à partir desquelles la réalité est analysée, par opposition à une connaissance intuitive de la réalité sensible perçue. De tels systèmes considérés comme idéologiques existent dans les domaines politique, social, économique et religieux.

Les thèmes et intervenants de la formation continue des soignants sont d’abord décidés par leur encadrement ou leur direction. Heureusement, les principaux intéressés sont parfois consultés. Toutefois, ceci reste souvent formel, les préoccupations des décideurs demeurant prioritaires. Ainsi, la formation peut inciter à assister à des sessions sur commande, selon le bon vouloir de ceux qui les ont choisies. Il faut savoir que ce secteur est un véritable marché où l’on vend au moindre prix après appel d’offre.

Le but implicite de la formation consiste le plus souvent à permettre aux soignants de s’adapter au mieux à des situations insatisfaisantes dans le domaine des moyens humains et matériels attribués ; des thèmes et des intervenants à même de culpabiliser inconsciemment le soignant en lui faisant accepter les insuffisances du lieu. Ainsi, toute revendication collective est évacuée ou minimisée au profit de la responsabilité individuelle du soignant.

Exemple : les ratios de personnels peuvent être sous-entendus comme une fatalité inamovible. Pour donner un autre exemple précis, je suis frappé par la demande générale d’obtenir des formations qui vous donnent de « trucs », du « pratico-pratique », des « protocoles » qui disent « ce qu’il faut faire concrètement ». Une formation-minute qui n’incite pas à la réflexion individuelle mais à l’obéissance.

A l'inverse, une formation qui développera l'esprit critique le « penser par soi-même » sans attendre constamment des ordres, prendra une autre dimension. Elle n'en pointera pas moins les insuffisances multiples. Mais elle saura situer les responsabilités. Il faudra tenter de placer les participants (je n’emploie pas le mot dévalorisant de « stagiaire ») sur la voie de « ce qu'il faut comprendre. » Sans quoi, on demeure un exécutant qui applique « ce qu’il faut faire », qui ne pense pas par lui-même. La démotivation n’est pas loin.

Les troubles du comportement en sont une illustration : si vous cherchez ce qu'il faut faire avant d'avoir compris quoi que ce soit, vous avez une chance infime d’améliorer la situation du patient, de sa famille et des soignants qui l’entourent.

 

 

Partager cet article
Repost0

Prescription d’antipsychotiques dans les cas de démence ?

Publié le par Louis Lacaze

Après avoir noté que les antipsychotiques, souvent prescrits aux patients atteints de démence, ne réussissaient que très imparfaitement à supprimer les problèmes de comportement et pouvaient avoir des effets secondaires graves, le Dr Jennifer Tjia de l’école de médecine de l’université du Massachussetts a publié une étude sur le sujet.

Le Dr Tjia part du principe que lorsque les bébés pleurent, on cherche à découvrir quels besoins ils expriment. Par contre lorsqu’un dément, qui est dans l’incapacité de communiquer, se comporte de façon jugée inacceptable, on lui prescrit un antipsychotique. L'auteure écrit que les résidents doivent être considérés comme des êtres humains, pas comme des patients à problèmes. Elle a donc cherché à former des soignants dans près de cent établissements pour leur permettre d’accepter l’idée qu’un comportement hors normes est en fait le signe d’une exigence insatisfaite et que le recours à des antipsychotiques devrait être écarté.

A la suite d’une formation étalée sur trois mois, les résultats obtenus par les établissements où elle avait été dispensée ont été comparés à ceux qui n’avaient pas suivi le programme. Les prescriptions d’antipsychotiques avaient baissé de 22,3% au bout de neuf mois dans les premiers, à comparer avec une baisse relative de 17,2% dans les établissements qui n'avaient pas suivi le programme. Toutefois, ce bénéfice devait s'estomper à long terme, nécessitant en principe un effort soutenu dans le temps.

 

Commentaires de Bernard Pradines : l'objectif qualificatif de baisse ou d'arrêt des antipsychotiques est louable, ne serait-ce que du fait des effets adverses nombreux dont un risque accru de mortalité. L'étude décrite ci-dessus montre une efficacité temporaire et limitée d'un programme de formation des intervenants. Il convient alors de s'interroger sur la persistance de telles prescriptions au même niveau sur le long terme.

Parmi les questions posées, en voici quelques unes :

Efficacité des antipsychotiques, au moins dans certaines situations ?

Formation insuffisante, qualitative et quantitative, des intervenants ?

Personnels trop peu nombreux pour accompagner les résidents lors de soins confortables et dans des activités de distraction ?

Nécessité d'un soutien des équipes soignantes ? Ambiance de soins ?

Locaux inadaptés ?

Sources:

 

 

Partager cet article
Repost0