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Soyez sentimentalement proches de vos patients

Publié le par Louis Lacaze

Soyez sentimentalement proches de vos patients

 

En tant que médecin je dois découvrir ce dont mes patients ont réellement besoin. Certains ont besoin d’antibiotiques, d’autres d’antidouleurs. Mais tous ont besoin de se sentir aimés, de sentir qu’ils ont en face d‘eux un être humain qui ressent des émotions et qui va les considérer eux aussi comme un être humain. Dans ce contexte, le patient sera porté à être plus sincère, plus libre, plus transparent. Cette intimité relationnelle est primordiale dans toute relation thérapeutique alors qu’instinctivement le praticien aura tendance à fuir une trop grande intimité avec ses patients.

Une patiente me téléphone pour me demander de renouveler son ordonnance de Prozac. J’exige d’abord de la rencontrer. Après 30 minutes d’invectives, elle s’effondre, me parle de son veuvage récent, de sa solitude, de ses peurs et me remercie de lui avoir permis de sortir de chez elle.

Dans leur grande majorité nos patients présentent des signes de souffrance. Que donne-t-on dans ce cas ? Des antidouleurs. Les Etats-Unis hébergent de 4 à 6% de la population mondiale et consomment 80% des opiacés prescrits.

Cette proximité avec les patients est un excellent antidote contre la solitude, l’oubli, le chagrin. Elle n’exige pas d’ordonnance. Le risque de surdosage est inexistant. Elle va soulager davantage de blessures que tous les médicaments du monde.

Sources : 

Be emotionally intimate with your patients

http://www.kevinmd.com/blog/2014/01/emotionally-intimate-patients.html

People die without love: Why I prescribe the love drug

http://www.kevinmd.com/blog/2014/03/people-die-love.html

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Renommer un établissement pour personnes âgées

Publié le par Bernard Pradines

Renommer un établissement pour personnes âgées

Après un certain temps d’utilisation, nombre de responsables d’établissements éprouvent le besoin de changer le nom de leur structure. Tel l’aveugle devenu malvoyant, le sourd transformé en malentendant ou le handicapé changé en « personne en situation de handicap », il semble que les dénominations soient toutes condamnées à être modifiées. 

Même le terme générique ne souffre plus l’immobilité. Ainsi, les Moyens Séjours sont-ils devenus des SSR [1], les maisons de retraite des EHPAD [2] et les Longs Séjours des USLD [3]. Quelques subtilités administratives sont bien sûr le prétexte à cette instabilité permanente ; toutefois, il faut plutôt en chercher la cause profonde dans un désir de changement fondé sur l’effet d’annonce davantage que sur la réalité.

Mon propos de ce jour sera centré sur le processus utilisé pour substituer un nom à un autre ; dénommé au préalable « La Berchère » du nom de son religieux fondateur, le bâtiment où j'exerçais s’est vu gratifier du jour au lendemain du nom de « la Pastourelle ».

Problème : personne ne savait ce qu’était une pastourelle. On entendit alors des approximations telles que « passerelle » chez des personnes probablement sourdes ; pardon, malentendantes. Encore récemment, quinze ans plus tard, une de mes correspondantes évoquait en deux mots la « pas tourelle », appellation qui se veut vraisemblablement rassurante dans un établissement suspect de fermeture ou même d'emprisonnement.

Ce n’était pas faute d’avoir proposé d’autres noms, celui qui fut inopinément choisi n’ayant jamais été évoqué. Et surtout une autre démarche : un questionnaire avait été adressé par un soignant aux familles, aux autres soignants ainsi qu’aux bénévoles. Une proposition supplémentaire de consultation des élèves des établissements scolaires secondaires de la ville avait été formulée pour aller dans le sens de l’intergénérationnel. 

En vain.


[1] SSR : Soins de Suite et de Réadaptation

[2] EHPAD : Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes

[3] USLD : Unité de soins de longue durée

 

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