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Ni la souris, ni la bête du jaivodents

Publié le par René Manteau

En réaction au cynisme des réseaux :

Ni la souris, ni la bête du jaivodents

Loin d’être anodine ni exceptionnelle, la disparition des prothèses dentaires est un véritable fléau dans les établissements pour personnes âgées dépendantes.

Pourquoi ?

- Pertes volontaires par la résidente ou le résident qui n’en veut plus. Dépôt dans un lieu improbable, involontairement ou non, surtout s’ils n’en veulent plus à cause de la gêne ou des douleurs qu’elles provoquent.

- Refus du résident qui les rejette car mal ajustées, devenues inadaptées, gênantes et même douloureuses.

- Pertes involontaires, elles peuvent être jetées aux ordures avec les restes du repas, échangées avec celles d’autres convives, surtout dans les chambres comportant plusieurs lits ou dans un réfectoire comportant des tables communes. Elles peuvent disparaître avec les draps au cours de la réfection du lit du patient.

- Abstention du personnel soignant qui peut répugner à les utiliser, à les entretenir et à les proposer au résident ; le passage des repas au mixeur encourage cette tendance. Il est supposé que les résidents n'en aient plus besoin. Il est décrété qu’ils ne peuvent plus ou ne veulent plus mâcher les aliments.

- Pertes dissimulées, le personnel ayant pu les faire disparaître car il répugne à les entretenir en accusant le résident de les avoir égarées. Comme la personne consomme des aliments mixés, elle n’en aurait plus besoin.

Les conséquences :

- Non-respect du résident avec perte de sa dignité dans son apparence. Peu importe si le visage est déformé. L’esthétique n’est en aucun cas la priorité. L’élocution devient plus difficile.

- Retentissement sur la santé du patients, les aliments sont absorbés sans mastication, il s’ensuit un dégoût des aliments, une perte de l’appétit, un refus alimentaire aboutissant à la dénutrition. La mastication peut devenir douloureuse occasionnant une gingivite. 

- Contribution financière pour remplacer les prothèses.

- Parcours du combattant en perspective si la personne est handicapée ou réfractaire pour aller consulter le spécialiste.

Tiens, faisons un essai : avalons sans mâcher une alimentation mixée !

Des solutions :

- Faire graver la prothèse au nom du résident, permettant de les restituer si elles sont retrouvées.

- Information et formation des personnels, des familles et des bénévoles pour une bonne sensibilisation à ce fléau.

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Pourquoi en haut ?

Publié le par René Manteau

Pourquoi en haut ?

Candidat potentiel pour intégrer un EHPAD, j'ai longtemps exercé comme infirmier en USLD.

Je note avec satisfaction que des efforts ont été réalisés dans ces établissements pour une meilleure humanisation.

En revanche, ils sont généralement érigés en hauteur, comportant plusieurs étages. 

Les résidents les plus handicapés sont relégués presque toujours dans les locaux situés sur le palier le plus élevé. Ils peuvent être dotés d’un personnel limité, les privant de bénéficier plus facilement d’une sortie à l’extérieur avec l'aide de l'équipe soignante. Double peine car leur handicap les confine aussi dans leur chambre.

Préoccupant serait un incendie car l’évacuation de personnes très dépendantes est encore plus complexe que pour les autres.

Les personnes les plus valides, capables d'utiliser un ascenseur, devraient y être installées, bénéficiant ainsi d'une vue plus dégagée vers l’extérieur et de davantage de tranquillité. Le travail en serait facilité pour les soignants.

Pour quelles raisons en sommes-nous encore dans la situation actuelle ?  S’agit-il de :

- livrer à l’arrivant, résident ou famille une meilleure image de marque, d’une vieillesse moins dépendante ? Et ainsi cacher ce qui est vécu comme une misère. Cela ferait-il tache ?

- ignorer les plaintes et les cris, les remarques, les interpellations, leur aspect ?

Plus profondément, plus enfouis sont des sentiments d’indignité : la vieillesse dépendante est vécue comme une déchéance et une proximité de la mort qui font peur. Elle n'est pas une priorité et n'intéresse pas grand monde, à part les personnes qui les accompagnent dont les bénévoles qui sont conscient·e·s de leur souffrance physique et morale.

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