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Votre chien vous fait marcher

Publié le par Louis Lacaze

Votre chien vous fait marcher

Tous les visiteurs de GérontoLiberté ont eu l’occasion de lire qu’il était recommandé de marcher régulièrement pendant un minimum de temps pour entretenir sa forme physique. Cette activité peut paraître rébarbative à certains, mais une étude universitaire récente indique comment la rendre motivante : promener un chien.

 

Les auteurs de l’étude, subventionnés par une société de protection canine et un fabricant d’aliments pour animaux ont suivi 700 personnes, dont 191 propriétaires adultes de chiens, tous équipés d’appareils électroniques mesurant les distances parcourues, les accélérations, le temps de marche.

 

Les propriétaires de chiens marchaient près de 300 minutes par semaine avec leur chien alors que les membres du groupe témoin se contentaient de 200. Par ailleurs il a été noté que le fait de promener son chien n’empiétait pas sur d’autres activités physiques.

 

Les commentaires des lecteurs du New-York Times ne manquent pas d’intérêt. Posséder un chien implique l’acceptation de certaines responsabilités et oblige une personne sédentaire à s’arracher de son fauteuil pour sortir de chez elle. Elle aura l’occasion de rencontrer d’autres possesseurs de chiens, de converser, de se faire de nouvelles relations, donc de lutter contre la solitude. Des médecins ont proposé l’adoption d’un chien. Un lecteur a noté que les propriétaires de chiens qu’il croisait avaient l’air heureux ; ces promenades pourraient avoir un effet thérapeutique sur le mental. Un autre lecteur s’interroge : « si je n’avais pas de chien est-ce que je marcherais ? ».

 

Certaines personnes ne peuvent pas adopter un chien pour des raisons pratiques. Qu’à cela ne tienne, il est suggéré de promener le chien du voisin ou de s’adresser à un refuge pour animaux, emprunter un chien ne devrait pas poser de problème insurmontable. On peut même devenir dog-sitter et se faire payer pour promener les chiens des clients !

Sources :

 

Une imposante étude de 20 pages publiée dans la revue Nature qui respecte scrupuleusement l’architecture classique des publications médicales les plus sérieuses. Une touche d’humour anglais ?

Et pour les lecteurs pressés un article de Gretchen Reynolds publié dans le New-York Times présente cette étude :

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Prothèses auditives et démences

Publié le par Louis Lacaze et Bernard Pradines  

Prothèses auditives et démences

Dix pour cent des adultes de 40 à 69 ans présentent des problèmes auditifs, la proportion s’élève de 70 à 80% chez les seniors de 85 ans et au-delà. Seulement une personne déficiente auditive sur 7 utilise régulièrement une prothèse auditive.

 

Deux théories avancent une explication à l’origine des cas de démence : ils seraient une conséquence logique du vieillissement qui s’accompagne d’une dégénérescence du système nerveux central. Les prothèses auditives ne pourraient donc pas enrayer la progression de la surdité.

Une deuxième théorie estime qu’avec le vieillissement la fonction auditive est moins stimulée, ce qui entraîne une dégénérescence progressive de l’appareil auditif qui pourrait donc sinon être inversée, ou pour le moins ralentie.

 

Une étude récente (1) qui a suivi 2040 personnes pendant 18 ans a montré que leurs performances mémorielles baissaient moins rapidement dès que les sujets s’équipaient de prothèses auditives et estimé que 9% des cas de démence pouvaient être attribués à un déficit auditif.

 

Les chercheurs pensent qu’une meilleure audition retarde le déclin cognitif, diminue l’importance des symptômes dépressifs, favorise la vie sociale mais reconnaissent les limites de l’étude : 40% des acheteurs d’appareils auditifs ne les portent que rarement ou jamais. Ils suggèrent que la recherche soit approfondie pour mieux cerner cette corrélation entre démence et trouble auditifs.

Le nombre des cas de démences aura augmenté d’environ 57% en 2050 et, s’il n’existe aucun traitement curatif, toutes les mesures de prévention doivent retenir l’attention. Suffisamment d’éléments suggèrent qu’une action énergique soit décidée au plus tôt pour convaincre le public de l’utilité des prothèses auditives, lutter contre les éventuels freins psychologiques pour mettre sur le même plan presbytie et presbyacousie. Les barrières d’ordre financier dissuasives devront naturellement être levées.

 

Commentaires de Bernard Pradines : il va sans dire que le mot « démence » est ici employé dans le sens médical du terme, ce qui signifie son sens étymologique latin. Donc de mens, mentis. Les résultats de l’étude citée sont d’autant plus intéressants qu’ils concernent une population nombreuse américaine de personnes âgées de plus de 50 ans évaluée tous les deux ans.

Les deux théories exposées ci-dessus (dégénérescence du système nerveux central et de l’appareil auditif) ne sont pas contradictoires mais complémentaires et probablement synergiques. Notre conception analytique d’un appareil auditif indépendant du cerveau et simple récepteur de messages sonores est certainement obsolète. Entre entendre et comprendre, il n’y a pas qu’un capteur périphérique et une unité centrale. Les deux forment un tout interactif et interfèrent pour le meilleur et pour le pire. Il en est ainsi des troubles visuels (2), en particulier des conclusions à tirer de la chirurgie pour cataracte (3). En sens opposé des concepts actuels, reste à mieux connaitre le retentissement des maladies neurodégénératives sur la sensorialité ou encore leur dégénérescence combinée simultanée.

En somme, le facteur de risque sensoriel, en particulier auditif prend actuellement de l’importance au vu des études épidémiologiques récentes dans la prévention ou plutôt dans l’atténuation des troubles cognitifs futurs ou présents.

 

Sources :

 

1- Maharani A, Dawes P, Nazroo J, Tampubolon G, Pendleton N; SENSE-Cog WP1 group. Longitudinal Relationship Between Hearing Aid Use and Cognitive Function in Older Americans. J Am Geriatr Soc. 2018 Jul;66(6):1130-1136.

2-    Maharani A, Dawes P, Nazroo J, Tampubolon G, Pendleton N; Sense-Cog WP1 group. Visual and hearing impairments are associated with cognitive decline in older people. Age Ageing. 2018 Jul 1;47(4):575-581.

3-    Maharani A, Dawes P, Nazroo J, Tampubolon G, Pendleton N; SENSE-Cog WP1 group.Cataract surgery and age-related cognitive decline: A 13-year follow-up of the English Longitudinal Study of Ageing. PLoS One. 2018 Oct 11;13(10):e0204833

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