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Zona : du nouveau en prévention

Publié le par Bernard Pradines et Louis Lacaze

Le zona résulte de la réactivation du virus de la varicelle, souvent favorisée par l’avance en âge et la diminution de l’immunité cellulaire T. Cette pathologie peut occasionner des douleurs sévères au cours de l’éruption cutanée et se compliquer de douleurs chroniques après l’épisode aigu [1].

Le vaccin classique ZOSTAVAX*, commercialisé en France, est crédité d’une efficacité préventive de l’ordre de 50 % [2,3]. Une nouvelle formulation inclut une sous-unité inédite (HZ/su) associant une glycoprotéine E (IgE) et un adjuvant stimulant les cellules T. Il s’agit du SHINGRIX*, qui semble nettement plus efficace que le ZOSTAVAX* chez les plus de 60 ans. A noter que seul le ZOSTAVAX est actuellement commercialisé en France. Le SHINGRIX* doit encore être évalué quant à son efficacité clinique et à ses effets adverses ; son immunogénicité est forte et les effets secondaires les plus fréquents sont représentés par la douleur au site d’injection sans autre conséquence grave [4]. Cet effet local semble plus important avec la voie sous-cutanée qu’avec la voie intramusculaire [5,6]. Les autres effets indésirables constatés sont la fatigue, les céphalées, les myalgies et les frissons [7]. Enfin, deux cas de pathologies en relation avec l’immunité ont été attribués à la vaccination pratiquée chez 634 personnes en phase III [8].

En conclusion, des espoirs sont fondés sur une nouvelle formulation de la vaccination préventive du zona chez la personne âgée. Son innocuité, bien que probable, doit être confirmée.

Références : 

[1] Cunningham AL. The herpes zoster subunit vaccine. Expert Opin Biol Ther.2016;16(2):265-71. doi: 10.1517/14712598.2016.1134481. Review.

[2] Bakalar N. Jan. 4, 2018

https://www.nytimes.com/2018/01/04/well/live/new-shingles-vaccine-is-cost-effective.html?emc=edit_tnt_20180104&nlid=67268624&tntemail0=y

[3] Le P, Rothberg MB. Cost-effectiveness of the Adjuvanted Herpes Zoster Subunit Vaccine in Older Adults. JAMA Intern Med. 2018 Jan 2.

[4] Lal H, Poder A, Campora L, Geeraerts B, Oostvogels L, Vanden Abeele C, Heineman TC. Immunogenicity, reactogenicity and safety of 2 doses of an adjuvanted herpes zoster subunit vaccine administered 2, 6 or 12 months apart in older adults: Results of a phase III, randomized, open-label, multicenter study. Vaccine. 2018 Jan 2;36(1):148-154.

[5] Diez-Domingo J, Weinke T, Garcia de Lomas J, Meyer CU, Bertrand I, Eymin C, Thomas S, Sadorge C. Comparison of intramuscular and subcutaneous administration of a herpes zoster live-attenuated vaccine in adults aged ≥50 years: a randomized non-inferiority clinical trial. Vaccine. 2015 Feb 4;33(6):789-95.

[6] Vink P, Shiramoto M, Ogawa M, Eda M, Douha M, Heineman T, Lal H. Safety and immunogenicity of a Herpes Zoster subunit vaccine in Japanese population aged ≥50 years when administered subcutaneously vs. intramuscularly. Hum Vaccin Immunother. 2017 Mar 4;13(3):574-578.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5360149/

[7] Godeaux O, Kovac M, Shu D, Grupping K, Campora L, Douha M, Heineman TC, Lal H. Immunogenicity and safety of an adjuvanted herpes zoster subunit candidate vaccine in adults ≥ 50 years of age with a prior history of herpes zoster: A phase III, non-randomized, open-label clinical trial. Hum Vaccin Immunother. 2017

May 4;13(5):1051-1058.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5443374/

[8] Strezova A, Godeaux O, Aggarwal N, Leroux-Roels G, Lopez-Fauqued M, Van Damme P, Vanden Abeele C, Vastiau I, Heineman TC, Lal H. A randomized lot-to-lot immunogenicity consistency study of the candidate zoster vaccine HZ/su. Vaccine. 2017 Dec 4;35(48 Pt B):6700-6706.

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Prévention des démences de l’âge avancé : pas de baguette magique

Publié le par Bernard Pradines

Une prévention tardive des démences des personnes âgées est peut-être peu ou pas efficace du fait de la précocité prouvée des lésions caractéristiques de la maladie d’Alzheimer qui connait une longue phase silencieuse, dite préclinique, prodromique ou asymptomatique.

Des publications récentes nous incitent à la prudence. Le risque des recommandations impératives doit alors être considéré. En effet, décréter trop vite et trop vigoureusement qu’il est possible de modifier certains facteurs de risque, c’est implicitement rendre le patient responsable de la pathologie qu’il aura contractée en cas de non-observance. Un mécanisme de pensée fort ancien dans la tradition culturelle de nos sociétés et même de nos civilisations. Un danger rarement évoqué, la prévention étant trop souvent parée de toutes les vertus.

Des études récentes instructives : voir ci-dessous.

 

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