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Personne de confiance et directives anticipées

Publié le par Auguste

Dans le but d’encourager l’autonomie des patients, le législateur a institué en 2002 et 2005 en France la « personne de confiance » et les « directives anticipées ». Force est de constater les réticences évidentes de nos concitoyens à s’emparer de ces possibilités. Très peu y ont souscrit. Pourquoi ?

Tout d’abord pour des raisons culturelles : les habitudes sont de faire confiance aux médecins et à la famille du malade lorsque ce dernier ne pourra plus s’exprimer. De plus, les situations envisageables sont très variées et il est impossible de les prévoir toutes. Ensuite, l’idée d’envisager sa propre fin est déplaisante : on préfère ne pas regarder cette éventualité. Par ailleurs, les lois instituant ces possibilités sont complexes et peu connues, y compris de la plupart des professionnels de santé et des administrations responsables. A peine émergent sur Internet des formulaires d’aide à la rédaction des directives anticipées (par exemple : http://tinyurl.com/ch4bn4x).

Enfin, une sorte de « forcing » est en train de s’instituer : au nom de la liberté du patient, il lui serait fortement suggéré (par exemple avant une intervention chirurgicale), voire imposé, de rédiger des directives anticipées ou de désigner une personne de confiance. En conclusion, il convient à mon avis de faire connaître largement ces possibilités légales mais ne pas vouloir exiger des mesures qui ne sont pas souhaitées par les malades.

Publié dans éthique

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Euthanasie et suicide assisté

Publié le par Auguste

Nous, médecins, sommes bien placés, sous la double pression de la souffrance des familles (même si la personne concernée ne semble pas souffrir) et des impératifs économiques (même si des efforts sont faits, voire des économies injustifiées), pour nous interroger sur les modifications prévues de la loi.

Dans un système globalisé qui a dérivé depuis 20 à 30 ans vers la rentabilité à tous prix dans tous les domaines, le vieux malade chronique a tout faux. Heureusement, ce diagnostic est de plus en plus partagé. Heureusement que l'on peut désormais écrire ou parler de ceci sans être suspect de négativité ou d'archaïsme.

Le moindre des paradoxes n'est pas celui-ci : ce sont ceux qui sont les plus sévères avec le système socio-économique actuel qui, n'établissant pas le lien avec "l'inutilité" des vieux dans la logique du moment, proposent à pas comptés l'accès à des solutions radicales en lieu et place d'un accompagnement de qualité. Leur embarras évident (écouter par exemple le Pr Sicard dans ses longues interviews, voir la proposition 21 du candidat devenu président) est le seul élément qui me rassure un peu.

Publié dans éthique, euthanasie

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