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Faut-il changer de regard sur les personnes âgées ?

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : https://www.sainteadresseoptique.fr/details-lunettes+de+vue+edition+limitee+dior+exquise+o-179.html

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Faut-il améliorer son acuité visuelle pour changer son regard ?

Figure convenue de toute interview médiatisée sur ce sujet : il faut changer le regard de la société sur les personnes âgées ! Considération devenue truisme, affirmation incantatoire et performative, un tel changement étant censé améliorer la condition de ces citoyennes et citoyens.

Faut-il améliorer son acuité visuelle pour changer son regard ? Si oui, un opticien abusif vous dira qu’il faut renouveler votre monture pour des lunettes plus onéreuses. Regardons, si j’ose dire, les choses sous un autre angle. Improductives et consommatrices de soins, inutiles et coûteuses, super loosers, voici le message subliminal que les aînés et aînées peuvent percevoir. Mieux : dépassées mais donneuses de leçons dans un monde qu’elles ne comprennent plus. Mais aussi aimées voire adorées des leurs et rendant service, en particulier dans la garde souvent indispensable de leurs petits-enfants issus de la famille resserrée, nucléaire ou monoparentale.

Regard ou plutôt représentation dans le sens que les psychologues donnent à ce terme ? Faisons court : l’idée ou l’image [1] que l’on se fait d’une réalité. En supposant que l’on puisse changer cette subjectivité par un simple effort de motivation. Aïe ! Encore la philosophie idéaliste avec son nez volontariste devenant stigmatisant en cas d’échec.

Là est la puissance du processus : dans un consensus collectif implicite voire inconscient. Dans son ouvrage « Éloge de la fuite » [2], Henri Laborit nous prévient : « Comment être libre quand une grille explicative implacable nous interdit de concevoir le monde d’une façon différente de celle imposée par les automatismes socioculturels qu’elle commande ? » Et j’y ajouterai : encore faut-il que cette grille soit perceptible.

Soyons concrets avec quelques exemples. D’où vient ce sentiment honteux de dégoût devant la sexualité du grand âge tout en clamant sa légitimité ? Comment considérer indigne une vie accompagnée d’incontinence urinaire et fécale, pire en tenir grief à la personne qui en souffre et le lui signifier ? Pourquoi utilise-t-on couramment le terme aberrant et inconséquent de « légume » ? Comment pouvons-nous souhaiter la fin de l’autrui vulnérable alors que Jean de La Fontaine nous interpelle déjà au XVIIème siècle avec trois fables [3] sur l’attachement à vivre des humains en souffrance ? Comment avons-nous organisé notre société pour avoir le sentiment d’abandonner nos aînés dans des établissements sous-dotés dont ils ne ressortent presque jamais vivants ?

Aussi longtemps que nous n’aurons pas d’explications personnelles et collectives satisfaisantes à ce genre de questions, que nous considérerons que « c’est comme ça », nous réagirons avec une culture qui comporte des éléments redoutablement primaires par leur échappement à toute morale telle que nous la concevons aujourd’hui. Eh bien mes amis, cela ne se change pas d’un coup de baguette magique. Si le démontage de nos déterminismes de pensée et de sentiments nous donne l’espoir de nous améliorer, c’est en étant dans la quête insatiable d’un avenir meilleur pour ceux qui sont dans la souffrance. La fameuse « zone d’inconfort » à la mode.

Le courage, disait le grand homme, c’est de chercher la vérité et de la dire [4]. Cela signifie que tous les témoins passifs doivent se muer en prescripteurs des indispensables progrès.

 


[1] https://livre.fnac.com/a1313523/Philippe-Albou-L-image-des-personnes-agees-a-travers-l-histoire

[2] https://livre.fnac.com/a192320/Henri-Laborit-Eloge-de-la-fuite#omnsearchpos=1

[3] « La mort et le bûcheron », » la mort et le malheureux », « la mort et le mourant »

[4] https://citations.ouest-france.fr/citation-jean-jaures/courage-chercher-verite-dire-subir-47096.html

 

Publié dans dignité

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Un public averti en vaut deux

Publié le par Bernard Pradines

Les erreurs de prescription médicamenteuse sont toujours possibles. Pour les éviter, il convient bien sûr de connaitre les médicaments, leurs indications, contre-indications, posologies, effets  indésirables, etc.

Ce domaine est immense. Les fiches dites RCP (Résumé des caractéristiques du produit) consultables lorsque vous ouvrez une boite de médicaments, sont une illustration de cette complexité.

Aussi, de nouveaux « outils » ont-ils vu le jour dont celui qui se trouve en lien ci-dessous dans le domaine de la gériatrie. Il s’agit de renseigner le nom du médicament et de vérifier, au vu des pathologies à saisir dans une boite de dialogue ouvrable au-dessous, de l’opportunité du médicament cité ou d’autres prescriptions à évoquer.

Mise en garde : l’interprétation de ces données, même si elles doivent à mon avis être à la disposition du grand public, demande des compétences en pharmacologie qui ne sont pas souvent à la portée des non-professionnels.

L’outil STOPP/START en version informatique :

 

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